Tous les jours, une personnalité s’invite dans le monde d’Élodie Suigo. Vendredi 5 juin 2026, l’actrice Alice Taglioni sort son premier album, « ADN ». Publié le . Temps de lecture : 4 min.
Il y a des artistes que l’on croit connaître parce qu’on les a longtemps regardés vivre à travers des rôles, et il y a ces moments rares où quelque chose se déplace, où une évidence surgit autrement. Alice Taglioni est de celles qui créent ce trouble-là. Vendredi 5 juin 2026, elle ne joue pas dans un nouveau film, mais elle sort son premier album, ADN. Il arrive presque comme une confidence, une surprise, parce que personne ne l’attendait nécessairement dans la musique, mais aussi comme un retour très ancien. Avant le cinéma, il y a eu le piano, un espace à elle, et ce qui touche profondément dans ce disque, c’est qu’il semble contenir une vie entière. Hypersensible, Synthèse, rien que les titres racontent déjà ce chemin intérieur, une façon d’assumer une sensibilité et peut-être aussi de relier toutes les parts d’elle-même.
La transformation musicale d’Alice Taglioni
franceinfo : Est-ce que vous avez le sentiment de raconter votre histoire autrement, de la transformer en musique, et est-ce que vous avez le sentiment d’être enfin à votre place ?
Alice Taglioni : En tout cas, ce qui est assez inspirant et étonnant, c’est de venir pour parler de moi. C’est vrai que je suis habituée à la promo, je suis habituée à venir parler d’un personnage, d’un film, donc toujours un peu cachée derrière quelque chose finalement. Là, j’aime parler de quelque chose qui est très intime et surtout, je ne sais pas si je pouvais m’imaginer il y a quelques années aller au bout. À force d’entendre les gens proches, ou peut-être un peu moins proches, peut-être même sur des réseaux, me dire qu’on attend, qu’on a envie d’écouter, et aussi grâce à des nouveaux artistes émergents, notamment dans le piano solo, je me suis dit que ce serait peut-être le moment.
On a l’impression, en écoutant cet album, que vous reprenez, à travers ce projet-là, votre vie en main. Pour la première fois, vous réussissez à poser les émotions que vous avez enfouies au fond de vous, que vous cachiez un peu aux autres. D’une part, parce qu’il y a de la pudeur, mais aussi parce que vous vous protégez de ça.
C’est passé par toutes les choses que je connais, qui sont toujours les mêmes. C’est génial ! Non, c’est nul ! J’ai récupéré ma confiance en moi. Ah non, en fait, je l’ai perdue. C’est passé par tout ça. On peut dire que j’ai commencé il y a trois ans, comme on peut dire que j’ai commencé il y a 20 ans.
« J’ai commencé à vraiment composer de vrais trucs avec des paroles, à 20 ans après, une peine de cœur. »
Ça a été le déclencheur, donc c’est vrai qu’à partir du moment où on fait de la musique, la pudeur, elle s’efface un peu.
Se mettre à nu à travers la musique
Quel effet ça fait de se mettre à nu, d’accepter de montrer ses failles à travers la musique ?
Je pense que j’en rêvais en fait, de me mettre à nu. On en rêve un peu parce qu’on n’est pas forcément prêt à le faire et là, vous avez dit, je suis à ma place, eh bien, de plus en plus. Et je serai à ma place aussi en tant qu’actrice, en tant que femme, en tant qu’entité, on va dire, dans tout ce qu’on entreprend.
La confiance retrouvée
Lors de votre première expérience au cinéma, on vous avait fait des remarques très dures sur votre apparence. LÀ, vous avez enfin confiance en vous, est-ce que vous avez mis le trop de côté ?
Je sais qu’à un moment, l’image même que je me projetais de moi ne me plaisait pas. Je ne voulais pas être comme ça et rester comme ça, donc c’est une prise en main.
« Forcément, c’est plus facile maintenant puisque je suis un peu celle à qui je voulais ressembler quand j’avais 15 ou 20 ans. »
Une héritage musical familial
FONTE