Rebelote pour Jack Thorne : après Adolescence qu’il a coécrit, il poursuit son regard sur l’enfance et l’adolescence avec l’adaptation en série du roman de 1954 autour d’enfants livrés à eux-mêmes sur une île déserte.
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Après Adolescence, la série choc autour d’un ado actuel tombé dans la torpeur du masculinisme, son auteur Jack Thorne s’attaque à une histoire d’enfants dans les années 1950. Sortis indemnes d’un avion qui s’est crashé sur une île du Pacifique, ils tentent, en attendant d’être secourus, la vie en société. Cela tourne au cauchemar.
La série Sa Majesté des mouches est adaptée d’un roman britannique d’après-guerre, mais garde aujourd’hui toute sa force. Au centre, il y a la cruauté entre enfants, même sans les réseaux sociaux. Comme dans Adolescence, Jack Thorne a un don unique de faire son casting avec, sur l’écran, uniquement des inconnus dans toute la candeur de leur jeunesse.
Il y a d’abord les petits : ils ont littéralement peur du loup, sont renfermés sur eux-mêmes et suivent le mouvement lorsqu’il s’agit d’élire un chef à cette mini-société. Et puis il y a les rôles principaux, quatre adolescents qui donnent leur titre à chacun des quatre épisodes.
D’abord l’intellectuel de service avec ses petites lunettes rondes, lui-même un peu rond, qui tente de tout organiser, jusqu’aux cabanes pour dormir et aux lieux pour faire ses besoins. Il y a le raisonnable Ralph, qui se fait élire chef dès le premier épisode et tente de faire régner ce qui est juste dans cette assemblée. Enfin, il y a les enfants d’une chorale, menée par Jack, à la voix d’ange et au caractère en acier imprégné de son père (qu’on imagine espion). Lui prêche deux choses : la force et l’honneur.
Tout autour : la nature sauvage. La caméra s’attarde sur la vie des insectes et autres animaux. Filme le rivage depuis la mer, comme si un monstre géant allait en sortir. Ou des lacs paradisiaques et transparents au milieu des arbres dans lesquels les enfants peuvent enfin se nettoyer un peu.
Ajoutez une musique comme une symphonie désaccordée, et vous obtenez un portrait à la fois sombre, réaliste et splendide de la jeunesse. Une histoire à l’époque de sa sortie en roman qui était raillée pour son regard sur l’enfance. Tout sauf un conte de fées mais un vrai voyage en terre inconnue.
Sa majesté des mouches, les deux derniers épisodes à découvrir demain sur Canal+.
À regarder
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