TÉMOIGNAGE. Ils le mentionnent par opportunisme : le biographe de Marc Bloch dénonce la






Marc Bloch et Simonne Vidal au Panthéon

Le 23 juin, Marc Bloch et Simonne Vidal entreront au Panthéon. Olivier Lévy-Dumoulin, biographe de l’historien, analyse les raisons pour lesquelles les politiques du Rassemblement national se réfèrent souvent à ce résistant.

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Marc Bloch, historien et résistant français, entre au Panthéon. (montage) (stéphanie berlu / Ruggero Vanni / getty)
Marc Bloch, historien et résistant français, entre au Panthéon. (montage) (stéphanie berlu / Ruggero Vanni / getty)

Le 23 juin à 21h, le président de la République dirigera la cérémonie de panthéonisation de Marc Bloch et Simonne Vidal, à Paris. L’historien a révolutionné son domaine en développant une méthode d’enquête et une approche sociale dans ses travaux. Résistant, il est fusillé par les Nazis en 1944, la même année que son épouse, décédée d’une maladie.

Depuis l’annonce de la panthéonisation du couple, les hommages se multiplient sur tout le spectre de l’échiquier politique. Emmanuel Macron qualifie Marc Bloch de « sentinelle de l’esprit ». Un blog proche de la France insoumise évoque un « héros républicain ». Jordan Bardella se réfère au « grand historien » et au « héros de la résistance ». Hommages ou récupérations ? Olivier Lévy-Dumoulin, biographe du résistant, et historien lui-même, nous livre son analyse.

Marc Bloch et l’unanimité politique

franceinfo : Êtes-vous surpris que Marc Bloch fasse l’unanimité parmi la classe politique ?

Olivier Lévy-Dumoulin : Tout le monde se réclame de Marc Bloch maintenant, y compris de façon indue. Depuis plus d’une dizaine d’années, il est cité par Jean-Marie Le Pen, puis par Marion Maréchal-Le Pen, puis par Jordan Bardella. Il n’est quand même pas très compliqué de penser qu’il s’agit d’opportunisme, et qu’ils confondent leur vision de la France avec la vision de Marc Bloch. Il écrit textuellement : « Je suis Français, je suis né Français, je ne me reconnais pas d’autres qualités, et rien de mon cœur ne saurait déraciner la France ». En affirmant que c’est dans le cœur que se trouvent les racines, il dit le contraire de ce qu’écrivait Maurice Barrès, ce grand écrivain adoré par l’extrême droite. Barrès insiste sur le rapport au sol et à la terre, là où Marc Bloch dit que n’importe qui est Français s’il le ressent dans son cœur. Quand on ne veut pas regarder le détail de sa conception de l’historiographie, on peut être d’extrême droite et s’en revendiquer à tort.

Que la France insoumise se sente proche de Marc Bloch, oui. Il est républicain, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Il vit même une jeunesse socialisante… En revanche, il est hostile au communisme pour beaucoup de raisons.

Concernant Emmanuel Macron, la panthéonisation systématique sous ses mandats laisse un peu perplexe. Mais on peut noter que l’accent est très fortement mis sur la Résistance. Ce n’est peut-être pas seulement un message opportuniste, mais une volonté de rappeler les bases sur lesquelles la France s’est réconciliée après la Seconde Guerre mondiale.

Reims et la construction nationale

En 2015, lors d’un meeting à l’approche des élections régionales, Marion Maréchal déclarait : « Qui n
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