Invité surprise de la Fashion Week italienne, le designer Thom Browne a présenté ce lundi 22 juin un vestiaire ludique, mêlant costumes-shorts preppy, broderies insectes et robe de mariée. Aux côtés des prestigieuses maisons italiennes telles que Dolce & Gabbana, Prada et Giorgio Armani, la Fashion Week de Milan accueille cette saison des figures internationales comme Ralph Lauren et Paul Smith. Habitué des mises en scène spectaculaires, Thom Browne est reconnu pour ses costumes aux proportions singulières ainsi que pour ses jupes plissées pour homme.

Ouvrant le défilé sous une chaleur accablante, trois « apiculteurs » traversent la cour du Palazzo Serbelloni, vêtus de costumes jupe et de pantalons courts à fines rayures blanches et grises, un motif emblématique de l’Américain. De jeunes hommes les suivent en présentant un vestiaire preppy, marqué par les quatre bandes émérites de la marque.

Avant même le show, ses costumes gris clair et son ensemble veston/short en seersucker dominaient dans l’assistance et en coulisses. Grâce à un public fidèle qui arbore fièrement ses créations, Thom Browne habille également son staff. Le designer, qui a présenté l’automne-hiver 2027 en marge du Super Bowl en février, cultive un sens du spectacle et une marque de fabrique invariable.
Toutes mes collections partent du même point de vue, reconnaît-il avant le show. Cette philosophie se traduit par une structure quasi immuable : des coupes ajustées, rigoureusement codifiées, qu’il fait évoluer davantage par le travail des matières que par la silhouette.

Cette saison, le designer propose notamment des patchworks de tweed madras et de somptueux manteaux confectionnés en swiss dot, un coton léger ponctué d’une multitude de petits reliefs. Thom Browne rappelle également que la majorité des tissus utilisés proviennent de son partenaire Zegna, actionnaire majoritaire de sa marque depuis 2018.

Plus inattendues chez Thom Browne, des broderies aux accents enfantins font leur apparition lors de ce printemps-été 2027. Sur un veston gris clair, une sauterelle verte sur une branche fleurie ; sur une veste sable, une colonie de fourmis noires ; ailleurs, des abeilles sur un long manteau noir. Un bestiaire miniature directement inspiré de 1001 Pattes et de La Princesse et la Grenouille, deux films d’animation cités parmi les références de la saison.
Les abeilles constituent également un clin d’œil à l’histoire du lieu du défilé. Symboles adoptés par Napoléon Bonaparte, elles rappellent son séjour au Palazzo Serbelloni en 1796, après son entrée dans Milan.

Je veux proposer différentes idées qui font avancer la mode masculine conventionnelle, résume Thom Browne. Une vision qui se traduit ici par des jupes tubes et une robe de mariée en look final, mais aussi par des motifs plus naïfs. La radicalité a toujours besoin d’un peu de fantaisie.
