Des milliers de Syriens sont descendus dans les rues pour réclamer notamment une accélération des poursuites contre les responsables des crimes de l’ancien régime.
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Un vent révolutionnaire souffle dans l’air, près d’un an et demi après la chute du clan Assad. Le pays est traversé par un mouvement de contestation sociale inédit, marqué par des manifestations ces dernières semaines dans plusieurs grandes villes pour réclamer une accélération du processus de justice transitionnelle.
Ce mouvement se déroule en parallèle du procès de plusieurs anciens hauts dignitaires de la dictature. Malgré l’arrestation d’environ 6.000 cadres militaires de l’ancien régime selon les autorités, cette réponse ne suffit pas à calmer les revendications populaires.
À Deir ez-Zor, la tension retombe tout juste. C’est dans cette grande ville de l’est du pays qu’a débuté, le 10 juin dernier, le mouvement du « sit-in pour la dignité ». Ahmad, membre de la contestation destinée à faire pression sur le gouvernement de transition, estime que celle-ci était « nécessaire. Il ne devrait plus y avoir un seul officier ou proche du régime qui conserve une quelconque position d’autorité dans ce pays ».
Aujourd’hui, on voit encore des criminels se balader parmi nous, comme si de rien n’était.
Ahmad, Syrien de la contestation
à franceinfo
Le retour en ville d’anciens proches du régime sous escorte des nouvelles autorités réside aux sources de la colère populaire. Cette décision apparaît inacceptable aux yeux des familles de victimes, explique Abdelhamid Al-Khaldi, à la tête de la contestation : « Les sacrifices de la révolution ont-ils été bradés en contrepartie d’un accord dont nous n’aurions pas eu connaissance ? »
À Alep, Idleb, Lattaquié ou encore Damas, le mouvement a rapidement pris de l’ampleur. Des milliers d’habitants sont descendus dans la rue pour réclamer une accélération des poursuites contre les responsables des crimes de l’ancien régime, mais aussi une amélioration des conditions de vie, toujours aussi difficiles. « Il faut raviver l’âme de la révolution. Nous n’avons pas mené cette bataille pour rien. Un an et demi après, nous n’avons encore rien vu de ces bénéfices à commencer par une vie digne pour les citoyens », explique Abdelhamid Al-Khaldi.
La contestation se déroule en parallèle du procès de plusieurs grandes figures du clan Assad. Cela reste toutefois insuffisant aux yeux d’Halil Ali, figure révolutionnaire de la ville. « Ce n’est pas une justice transitionnelle, mais une justice sélective. Nous réclamons le jugement de l’ensemble des responsables et une réparation des préjudices subis par les victimes », plaide Halil Ali.
Il n’est pas seulement question d’une succession de procès, ces mouvements révolutionnaires réclament aussi une meilleure représentation de leurs groupes politiques au sein même des institutions de l’État. Plusieurs militants s’inquiètent en effet d’une concentration croissante du pouvoir autour du cercle du président de transition, Ahmed Al-Charaa. « Il n’est pas acceptable que nous ne puissions pas participer à la vie politique, ni même créer de partis »,
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