Du 27 juin au 20 septembre 2026, l’été havrais se présentera sous un angle artistique. Comme chaque année, de nouvelles œuvres viendront enrichir la collection permanente, qui s’est installée depuis neuf ans au Havre. Gaël Charbau, le directeur artistique de cette manifestation, souligne que « les œuvres (…) ne sont pas utiles au sens habituel; elles délient les langues et les langages, elles nous forcent à l’exercice du goût, de la curiosité et du sensible ». Cette année, sept artistes ont exposé leurs créations au Havre, offrant un aperçu captivant de leurs visions.
1. Charlotte Huard et ses coraux
Charlotte Huard, 22 ans, est la plus jeune des artistes invitées pour cette 10e édition. Cette havraise plasticienne a installé ses coraux d’une blancheur inquiétante sur le quai de l’Ile, au bord du bassin du Roy. De l’autre côté de ce petit port, se distinguent cinq masses blanches. Charlotte alerte sur le fait qu’un corail blanc signifie souvent un corail mort, un constat inquiétant qui représente le dérèglement climatique. En passant sur l’autre quai, la forme des coraux se dévoile, surprenant les passants.
Réalisés à partir de centaines de moulages de mains – 900 au total, toutes de Havraises ou de Havrais – l’artiste, émue de présenter sa première œuvre après sa sortie de l’ESADHaR (École supérieure d’art et design Le Havre-Rouen), raconte son expérience : « On a des moulages qui ont été réalisés à peu près partout dans le Havre. On a pu réunir des mains allant d’un tout petit bébé de cinq mois à une personne de 93 ans. Mon objectif était de travailler avec un maximum de personnes venant d’horizons différents, ayant des vies, des métiers et des âges variés. »
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Son œuvre, composée de ciment et de rocaille, évoque la fragilité du corps humain, le travail, et la dualité entre douceur et rudesse, tout en soulignant l’empreinte indéniable de l’activité humaine sur la nature.
2. Samuel Trenquier et ses jarres
Samuel Trenquier, belge et habitué des jeux de mots, présente à l’occasion de l’exposition Les génies aussi passent le permis une collection de jarres créées avec la participation des jeunes des écoles, des déscolarisés et des aînés en club du troisième âge. Le mini-circuit au square Albert-René, où les petits havrais s’exercent à la conduite, accueille ces sculptures colorées, aux motifs mythologiques et légendaires.
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Trenquier exprime sa volonté de travailler sur l’accueil de l’autre : « J’aime beaucoup travailler sur l’accueil de l’autre ». Pour ce projet, il explore la terre cuite, peignant et vernissant les jarres qui foisonnent de couleurs et de formes fantastiques, créant une atmosphère de joie et de convivialité.
3. Au Havre, il y a toujours du Monet par Guillaume Aubry
Guillaume Aubry, architecte, met en avant une dimension scientifique en révélant qu’Impression, soleil levant a été peint par Claude Monet le 13 novembre 1872 à 7 heures 35 depuis sa chambre d’hôtel, au 45 Quai de Southampton. À cet endroit même, une installation de 7,14 mètres de hauteur reflète cette scène, permettant aux passants de discerner exactement le cadrage du tableau.
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Cette œuvre élégante et sobre, conçue en miroir, permet de visualiser exactement ce que Monet voyait à cette époque, offrant une leçon sur la transformation de l’art et du paysage. Aubry explique : « Le miroir est à 7 mètres de hauteur et mesure 2,40 mètres de diamètre, représentant l’œil de Monet à une échelle agrandie. »
4. Sophie Taillet, une autre histoire de miroir
Pour appréhender l’œuvre de Sophie Taillet, il convient d’évoquer le passé du Havre, notamment la cathédrale Notre-Dame, l’un des rares monuments ayant survécu aux bombardements de 1944. Sur le parvis se dressent des miroirs tournants, réfléchissant les différentes architectures de la place. Ces miroirs semblent dévoiler l’histoire des constructions de la ville, avec ses métamorphoses défilaient dans un mouvement cinématographique.
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Avec cette installation, Taillet invite à réfléchir sur le riche patrimoine architectural tout en intégrant le présent et l’histoire dans un spectacle fascinant.
5. Gaspard Combes et ses icebergs
Ces œuvres flottent dans le bassin du Commerce, à proximité du spectaculaire Volcan d’Oscar Niemeyer. Combes évoque des icebergs fuyant le réchauffement climatique, se réfugiant dans un Havre qui les accueille. L’artiste souligne l’urgence de cette problématique : « La fonte des glaces et le réchauffement climatique pourraient faire que le Havre se retrouve sous l’eau, d’ici 2050, si les dérèglements continuent. »
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