Ce mercredi matin dans la cour de la Cité universitaire de Paris, Pierpaolo Piccioli a dévoilé une haute couture réussie, doux mélange entre l’épure de son fondateur et la sexy attitude du Romain. Installer une centaine d’invités dans la cour d’honneur, à 11 h 30, un jour de canicule, était risqué. Trente-six degrés à l’ombre, d’ailleurs il n’y en a pas. Lorsque les chanceux se protégeant sous des ombrelles sont priés de les refermer, les esprits s’échauffent. Heureusement, le show Balenciaga commence avec seulement dix minutes de retard.

BALENCIAGA
La sublime Anok, l’idole de la Gen Z, ouvre le show et s’avance sur le podium recouvert de moquette duveteuse blanche dans un blouson en taffetas rouge piqué de plumes, passé sur un tee-shirt blanc et un pantalon large. La voix lyrique et dramatique d’Anohni reprend le Perfect Day de Lou Reed a capella et la magie opère.
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Une robe bustier queue de paon en voile piquée de milliers de plumes emboîte le pas à un fourreau très épaule tout de paillettes jaune d’or. Lina, incroyable liane asiatique, a des airs de Colombine en gants d’opéra dans sa robe débardeur noire posée sur une coquille de tulle blanc. Gigi Hadid, dont c’est la première apparition de la semaine, ressemble à un oiseau de paradis dans sa coiffe entièrement brodée de plumes bleu canard, les mains dans les poches de son pantalon d’homme vert forêt.
Au fil des 52 passages particulièrement cohérents, on en oublierait presque que le soleil nous tape sur le dos. Dos cocon, encolure décolletée, ligne Sack et Ballon, gazar de soie et plume de marabout, Pierpaolo Piccioli convoque toute la grammaire de Cristobal. Le maître des maîtres, perfectionniste obsessionnel, ferma sa maison de couture avec perte et fracas en 1968, alors que le prêt-à-porter gagnait du terrain. Le Romain n’a jamais caché qu’il en était un grand fan : « J’ai toujours admiré son œuvre, nous confiait-il quelques jours avant le show. Dès mon premier jour au sein de cette maison, j’ai voulu m’approcher au plus près de son héritage, dans les archives qui sont traitées ici comme des trésors. »
Les silhouettes construites en aplats de couleurs, la sexyness d’une chute de reins ou d’un décolleté dévoilant la poitrine sont plutôt du pur PPP. Pour ce vestiaire haute couture, les deux s’accordent à merveille. « Cette collection ne rend pas hommage à Cristobal, elle démontre la modernité de Balenciaga, » avait-il conclu. Pari réussi.

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