Le champion de 19 ans suscite l’admiration de nombreux spectateurs du Tour de France, à commencer par ceux qui l’ont vu débuter dans le milieu du cyclisme. La « Seixasmania » s’immisce même dans certains clubs de la région du Beaujolais, qui enregistrent de plus en plus de demandes d’inscription. Publié le 23/07/2026 à 12:54. Temps de lecture : 4 min.
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Un jeune talent au cœur de la compétition
C’est le premier Français au classement général du Tour de France, et il fait la fierté du Beaujolais, où il a passé une partie de son enfance. Paul Seixas, 19 ans, est quatrièmement du général pour l’instant. Les habitants de Villefranche-sur-Saône — qu’on appelle les Caladois — et du Beaujolais, au nord de Lyon, n’ont leurs yeux que pour le prodige du cyclisme français formé au Vélo club de Villefranche.
La ferveur des supporters
Tout le monde ici ne parle que du jeune coureur avec une certaine fierté. Mouss passe presque tous ses après-midis devant la télévision à chercher du regard le numéro de dossard 51. « C’est un bonheur, c’est une fierté, c’est le Beaujolais, c’est la classe ! », lance-t-il. Paulo aussi a le sourire rien que d’en parler : « On est tous fiers de lui, il a réussi à montrer quelque chose, j’espère qu’il montrera beaucoup plus. On est derrière lui. »
Le jeune Caladois est au centre des conversations que ce soit à Villefranche ou à Anse, juste à côté, où il a passé une partie de son enfance. « On discute avec un petit café le matin, on discute le soir. Ça se parle tout le temps, les gens sont contents et fiers, bien sûr. »
Les ambitions des acteurs locaux
Il aurait aimé partir quelques jours dans les Alpes, se poster le long du parcours, apercevoir le Rhodanien, l’encourager, mais impossible. Il y a trop de travail en ce moment pour Cyril, cet ouvrier déçu aussi de ne pas pouvoir aller le voir sur le bord de la route du Tour. Il a aussi une bonne raison : c’est le mécano du VCVB, le club où est passé Paul Seixas. Et il prépare les courses à venir. « Je pense que tout le club est fier de le suivre, de voir ses performances actuelles, c’est quand même une performance exceptionnelle à son âge, on espère tous qu’il accroche le podium. »
Cyril y croit. Tout comme Anthony Barle, le manager général du VCVB, qui n’est pas surpris par ses performances. « Comme disait son père : ‘Paul, c’est une machine’. Quand il nous disait ça en U17, on le comprenait, mais on se demandait, et en fait il avait raison. Il est extraordinaire, c’est quelqu’un qui est au-dessus de tout. »
« Quand Paul Seixas avait décidé d’attaquer, il attaquait. Sur n’importe quelle course de n’importe quel niveau. Plus l’événement était gros, plus il était bon. »
Anthony Barle, manager général du VCVB
Les attentes du peuple cycliste
Celui qui a entraîné Paul Seixas avant de passer pro fait un pronostic : « Il va être très bon, j’en suis persuadé, sur cette troisième semaine, et je suis sûr qu’il va aller chercher une étape. » Il parie sur celle de vendredi, la première arrivée à l’Alpe d’Huez. En attendant, quel que soit le résultat, les Caladois vont continuer à pousser Paul Seixas pour accrocher, pourquoi pas, un podium pour son premier Tour.
Sur les routes, la « Seixasmania » grandit. Dans les clubs aussi, où les demandes de licence pour la rentrée font le plein. C’est le deuxième effet Seixas. Engouement qui se verra bien sûr aussi au bord des routes avec toutes les pancartes le long de la 18e étape, de Voiron à la station de ski d’Orcières Merlette, étape de montagne de 185 km avec cinq ascensions, dont la montée finale classée première catégorie.
Tous les matins, c’est le même rituel. La foule se presse autour du car de l’équipe de Paul Seixas, surtout des jeunes. « Depuis qu’il y est, je regarde toutes ses courses », lance un fan. « C’est vrai que ça donne envie de faire du vélo. Quand tu le vois faire, c’est hallucinant ! » Et comme Tom, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir faire comme le champion de 19 ans.
« Tous les ans, on fait un essai pour ceux qui veulent venir en septembre », raconte Marc Pacheco, entraîneur au Lyon Sprint Evolution, le club des débuts de Paul Seixas.
« En général, il y a une trentaine de demandes, là on est à 60. Et je suis sûr qu’on va passer à 80. »
Marc Pacheco, entraîneur au Lyon Sprint Evolution
Les défis à relever
« Notre problème, ce n’est pas l’arrivée des gamins, c’est l’encadrement, les bénévoles. On fait des groupes de douze, il faut un éducateur devant et un éducateur derrière, comment on va faire ? On va faire un tri entre les compétiteurs et les promeneurs. »
Malgré le casse-tête, c’est bien sûr la fierté qui domine aujourd’hui. « C’est une fierté immense pour notre club, pour tous les dirigeants qui s’en sont occupés. Il avait un moteur de Ferrari dans une carrosserie de Twingo. Il y a une fierté de dire : ‘Je l’ai eu à ses débuts’. « Et d’ajouter que l’actuel quatrièmement du Tour de France lui a même promis de repasser par le club, un mercredi, voir la relève.