En déployant une nouvelle salve de taxes douanières à partir de ce vendredi contre 60 pays, dont ceux de l’Union européenne, Donald Trump confirme sa stratégie de guerre commerciale. Pourtant, les résultats sont loin des ambitions initialement affichées.

Le protectionnisme américain change de visage, mais reste sur le même cap. Ce vendredi 24 juillet marqua l’expiration des droits de douane de 10 % imposés en février par Donald Trump, au titre de la section 122 du « Trade Act » de 1974. Ce dispositif, provisoire, avait été déployé dans l’urgence après que la Cour suprême avait invalidé la salve de surtaxes « réciproques » lancée lors du « Jour de la Libération », le 2 avril 2025. Mais, face à l’invalidation de ces mesures, le président américain, rapidement rabroué par les juges, avait déjà préparé sa réponse : suite à la surtaxe de 25 % appliquée au Brésil mercredi, 60 pays et territoires – y compris l’Union européenne – se voient imposer, à partir de ce vendredi, de nouveaux droits de douane de 10 % ou 12,5 %. Leur faute, selon Washington : ne pas avoir suffisamment lutté contre les « importations fabriquées grâce au travail forcé ». Un grief de façade, qui peut être sanctionné selon la section 301 de la loi de 1974.
Dans l’attente d’une éventuelle contestation en justice, Donald Trump semble donc déterminé à poursuivre sa stratégie tarifaire inaugurée le 2 avril 2025, lors du « Jour de la Libération ». Depuis la roseraie de la Maison-Blanche, ce jour-là, le président américain avait réalisé une promesse, érigée en totem : les droits de douane massifs permettraient de résorber le déficit chronique de la balance commerciale américaine. Un an et quatre mois plus tard, la question se pose : quel est le résultat ? « Sur le plan commercial, le constat est assez clair : on est plus proche de l’échec que de la réussite », conclut Antoine Bouët, économiste et directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).
Une réduction marginale du déficit
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