Le 20 Heures s’entretient avec Paul Seixas, quatrième du Tour de France, à l’issue de la dernière étape de la compétition, dimanche 26 juillet.
Retranscription de l’interview
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Julien Benedetto : Paul Seixas, l’an dernier, vous regardiez Pogacar à la télévision. Cet été, vous faites quasi jeu égal avec lui dans les cols les plus difficiles de la planète. C’est fou, non ?
Paul Seixas : C’est dingue. Après, jeu égal, je ne dirais pas encore ça. Je pense qu’aujourd’hui, Tadej est sur une autre planète. Mais voilà, on s’entraîne tous les jours pour se battre contre lui et contre les autres. Je suis très content de pouvoir vraiment me battre avec ces gars-là. Comme vous l’avez dit l’année dernière, je l’ai regardé à la télé et maintenant je suis contre eux. Donc c’est vraiment une fierté pour moi, et je pense que sur le coup, on est à fond. Mais après, avec du recul, c’est quand même quelque chose de beau.
Je sais que votre grand-père est votre premier fan, c’est lui qui vous a transmis la passion du vélo. Vous avez échangé avec lui depuis la ligne d’arrivée, qu’est-ce que vous vous êtes dit ?
Je ne l’ai pas revu depuis un petit moment, mais la dernière fois que je l’ai vu, c’était au chrono d’Évian-les-Bains. C’était pas loin de chez lui, et franchement, c’était vraiment une fierté de pouvoir être là et qu’il soit là pour me voir. Franchement, il suit le Tour depuis plus longtemps que je suis né. Et de pouvoir être devant lui maintenant à la télé et de pouvoir le faire vibrer, c’est vraiment une émotion très forte pour moi.
Les Anciens Champions et l’Avenir
On va écouter d’anciens champions qui parlent de vous.
Thomas Voeckler : Salut Paul. Moi, je ne suis pas venu t’embêter pendant ce Tour de France. Il y avait assez de monde autour de toi. Tu peux être fier de toi et ne pas te reposer sur tes lauriers. Je sais que tu as la détermination pour aller chercher plus haut et surtout, il y a encore quelques marches à gravir et que tu sauras gravir. J’en suis convaincu.
Greg LeMond : Salut Paul, c’est Greg LeMond. Je pense que tu pourrais être mon petit-fils, alors je vais te donner quelques conseils, ou plutôt des encouragements. J’ai suivi ton Tour, tu as fait une course exceptionnelle. Je pense que tu es le plus grand talent depuis 30, 40 ans. Quatrième pour ton premier Tour, c’est incroyable. Je pense que tu as les épaules pour continuer comme ça et gagner le Tour. C’est mon sentiment.
J’ajoute, Paul, que le vainqueur, Tadej Pogacar, ne tarit pas d’éloges sur vous. Il a même confié à Emmanuel Macron, je le cite, « Paul Seixas est le prochain ». C’est le chef d’État lui-même qui a rapporté cette conversation. Qu’est-ce que vous pensez de ces sacrés compliments ?
C’est sûr que c’est un très beau compliment. Après, il y a une chose qui est d’avoir le talent pour le faire et de le faire vraiment. Je pense qu’il y a encore beaucoup de chemin, beaucoup de travail. Pour l’instant, je suis quatrième et je ne suis pas premier. Donc, beaucoup de travail. Je pense que pour l’instant, on a les cartes en main. Maintenant, c’est à nous de bien travailler et de faire les choses correctement. Mais voilà, c’est déjà une bonne chose de les avoir. On va vraiment s’entraîner pour ça.
On évoquait le vainqueur à l’instant, Tadej Pogacar, sacré pour la cinquième fois. Il a parfois semblé écraser la concurrence. Qu’est-ce que ses performances vous inspirent ?
Je pense que, honnêtement, c’est de l’admiration, et c’est aussi très impressionnant. Quand on le voit partir à l’Alpe d’Huez au pied, au bout d’un kilomètre, on se dit : « Là, il n’y a pas grand-chose à faire ». Personne n’essaye de suivre. On voit que c’est vraiment une autre planète, comme j’ai dit. C’est de l’admiration, forcément, pour ce mec qui est vainqueur de cinq Tours de France maintenant. Il fait partie d’un club très sélectif, et franchement, c’est admirable et c’est un très grand champion.
Alors, on va vous poser la question des milliers de fois à partir d’aujourd’hui. Je me lance le premier, Paul Seixas. L’objectif maintenant, c’est de gagner le Tour dans les années qui viennent ?
Forcément, maintenant que je l’ai fait… Mon premier objectif, c’était de le faire au départ, et maintenant je fais quatrième. Donc, forcément, il y aura l’objectif de faire mieux : déjà monter sur le podium, et puis, étape par étape, essayer un jour de le remporter. Je pense que maintenant je sais que je peux tenir trois semaines. Mais voilà, c’est un vrai plaisir d’en être peut-être capable un jour. C’est une fierté.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité