Le mercredi 12 août 2026, une éclipse solaire majeure s’annoncera comme un défi technique pour les gestionnaires des réseaux électriques en Europe, qui doivent constamment équilibrer l’offre et la demande pour garantir un approvisionnement stable. Cette éclipse, qui sera partiellement visible en France, pourrait entraîner une baisse significative de la production d’électricité photovoltaïque sur le Vieux Continent.
Selon Réseau de Transport d’Électricité (RTE), au plus fort de l’éclipse, entre 19h30 et 21h30, la capacité de production photovoltaïque en Europe pourrait chuter de près de 9.700 mégawatts (MW). En France, si le ciel est dégagé, cette baisse pourrait atteindre environ 1.800 MW, soit l’équivalent de la consommation de presque 2 millions de foyers. RTE souligne que la France sera moins impactée par cet événement que l’Allemagne, avec une diminution estimée de 3.300 MW, ou encore par l’Espagne, où la baisse pourrait s’élever à 3.000 MW.
La situation, rassure RTE, n’aura « aucun impact sur les consommateurs » en matière d’approvisionnement, car la production d’électricité demeurera abondante, en particulier juste après l’éclipse, qui précède la tombée de la nuit, moment où les pics de production solaire sont généralement passés.
Dépenses accrues et défis techniques
Habituellement, une éclipse provoque une chute rapide de la production solaire, suivie d’une remontée brutale lorsqu’elle se termine. Ce phénomène, beaucoup plus rapide qu’un coucher de soleil classique, engendre des variations soudaines. Si la dernière éclipse totale de 1999 avait lieu au plein milieu de la journée, l’éclipse de 2026 atteindra son maximum entre 20h15 et 20h30, période où le soleil est bas sur l’horizon, ceci limitant l’impact sur le réseau électrique.
Diversité de la production solaire depuis 1999
En 1999, le photovoltaïque n’était qu’à ses balbutiements, avec seulement 1 gigawatt (GW) de puissance installée dans le monde. D’ici la fin de 2025, l’Union Européenne devrait enregistrer environ 406 GW de capacité solaire installée, représentant désormais près de 13 % du mix électrique européen. En France, la capacité installée dépasse actuellement les 30 GW, ce qui oblige les gestionnaires à adapter la conduite du système électrique à ces nouvelles réalités.
Les précédentes éclipses partielles, comme celle du 20 mars 2015 qui avait causé une baisse de 2.000 MW en France, servent de références pour anticiper l’impact de celle de 2026. En outre, la baisse de la demande d’électricité est à prévoir, car de nombreux Français seront à l’extérieur pour observer ce phénomène exceptionnel.
Préparations en Europe : vigilance accrue
Chez certains de nos voisins, notamment en Espagne et en Allemagne, la vigilance est de mise. L’Espagne, où l’éclipse sera partiellement totale, dispose d’un parc solaire de seulement 54 GW, bien moins développé que celui de l’Allemagne, qui compte 125 GW. Cette disparité risque de provoquer une flambée des prix de gros de l’électricité en Allemagne, kassée à la courte période concernée par l’éclipse.
Du côté du Royaume-Uni, le fournisseur d’énergie Octopus appelle ses clients à réduire leur consommation pendant l’éclipse. La baisse de la production solaire pourrait alors augmenter le recours aux centrales à gaz, dont le pays reste très dépendant. Octopus précise qu’en juillet, « le solaire a produit un record de 14,4 % de l’électricité du pays ». Il est recommandé de reporter certaines tâches comme faire fonctionner des appareils électroménagers après l’éclipse.