Privés un temps de visas pour entrer sur le sol croate, l’équipe russe de gymnastique devrait finalement pouvoir se rendre à Zagreb pour les championnats d’Europe de la discipline, qui débutent jeudi.
C’est encore une histoire de visas. Après les différentes affaires à ce sujet qui ont secoué le Mondial de foot sur le continent américain, et notamment l’entrée sur le sol des États-Unis, les championnats d’Europe de gymnastique artistique qui se déroulent du jeudi 13 août au dimanche 23 août à Zagreb en Croatie, ont d’ores et déjà leur lot de rebondissements. La délégation russe, et notamment ses têtes d’affiche féminines Angelina Melnikova, championne du monde en titre, Viktoria Listounova, championne olympique par équipes, Leila Vasileva et Anna Kalmykova, s’était vu priver de visas par les autorités croates.
Après des messages sur les réseaux sociaux et un communiqué au vitriol de la Fédération russe dénonçant « un dangereux précédent » dans lequel « les décisions administratives pourraient avoir un impact direct sur la composition des équipes et le déroulement de la compétition« , la Fédération européenne de gymnastique a œuvré avec les autorités croates pour accorder les précieux sésames, a-t-elle annoncé dans un communiqué lundi 10 août. En revanche, si les athlètes russes (ou biélorusses) obtiennent une médaille, voire un titre, il n’y aura ni hymne, ni drapeau, ni aucun emblème national.
Pour l’équipe masculine de Russie, un gymnaste sur les trois retenus en dehors de Croatie a pu finalement entrer sur le territoire. Pour les deux restants, l’issue est toujours incertaine alors que leur compétition commence le mercredi 19 août.
« Le sport ne devient vraiment grand que lorsque les meilleurs affrontent les meilleurs« , avait largement diffusé sur ses réseaux sociaux la championne russe Angelina Melnikova. « Et lorsque de grands adversaires ne sont pas autorisés à s’aligner, ce qu’il y a de plus précieux disparaît : une compétition équitable« . Désormais quasiment au complet – seule Viktoria Listounova n’a toujours pas de visa -, la Russie fait figure de favorite devant les autres nations européennes chez les féminines, et notamment l’équipe de France emmenée par Elena Colas.
Mais la délégation de Russie sait déjà que sa réintégration complète devra attendre malgré la décision fin mai de la Fédération internationale de gymnastique de lever immédiatement les restrictions mises en place contre les Russes et les Biélorusses après le début de l’offensive de Vladimir Poutine en Ukraine en 2022. Si World Gymnastics a décidé de rendre aux gymnastes des deux pays alliés leurs couleurs et leur hymne, la Fédération européenne a suivi la décision de l’hôte croate d’écarter les symboles nationaux russes et biélorusses des championnats d’Europe. Leur argument : l’attribution de la compétition à Zagreb s’est faite avant la décision de la Fédération internationale.
Fin juin en Roumanie déjà, la ville de Cluj-Napoca, qui a accueilli une étape de la Coupe du monde de gymnastique rythmique, avait communiqué « oralement » à la délégation russe que ni le drapeau ni l’hymne ne seraient acceptés « en cas de victoire des gymnastes russes ». Dans un communiqué, la Fédération russe avait donc décidé de ne pas participer à la compétition, dénonçant une « violation grossière du règlement des compétitions par leurs organisateurs« . Comme en natation, la réintégration des athlètes russes et biélorusses sous leurs couleurs est donc loin de ressembler à un long fleuve tranquille.