REPORTAGE. Dans les coulisses du dernier entraînement des relais français du 4×400 m : souder le






Championnat d’Europe à Birmingham

Les collectifs féminin et masculin tricolores se sont entraînés une dernière fois, jeudi matin, avant leur entrée en séries vendredi midi aux championnats d’Europe à Birmingham. Publié le . Temps de lecture : 4 min.

Les Bleus du collectif 4x400 m à l'entraînement sur la piste de l'Université de Birmingham, le 13 août 2026.
Les Bleus du collectif 4×400 m à l’entraînement sur la piste de l’Université de Birmingham, le 13 août 2026. (ANAIS BROSSEAU/FRANCEINFO: SPORT)

« Hop », « hop », « hop ». Les cris rythmés, les accélérations brutales, le bruit du témoin qui tombe sur le tartan, tous les indices sont là. Ce jeudi matin, Suisses, Espagnols et Français sont venus sur la piste de l’Université de Birmingham répéter leurs gammes pour les relais à venir des championnats d’Europe. À la veille des séries du 4×400 m, programmées vendredi 14 août, les collectifs féminin et masculin tricolores ont rendez-vous pour une dernière séance sur ce lieu qui fait office de terrain d’entraînement pour toutes les délégations – un second se trouve plus loin de la ville pour les lanceurs.

Seuls Muhammad Abdallah Kounta, médaillé d’argent sur 400 m la veille au soir, Louise Maraval, également engagée en finale sur 400 m haies mercredi soir, et Isabelle Black, alignée jeudi midi en demi-finales du 400 m, manquent à l’appel. Amandine Brossier est là, malgré son mollet généreusement strappé à la suite d’une lésion contractée à l’échauffement du relais mixte lundi soir. « C’est important pour les filles que je sois là. Je crois que j’ai encore de l’expérience à leur transmettre, notamment aux nouvelles, mais aussi pour confirmer aux plus anciennes que ce qu’elles font, c’est bien », glisse l’Angevine, un œil toujours rivé sur la piste et le travail de ses coéquipières.

La séance du jour commence par un rappel à l’ordre d’Emmanuel Huruguen, responsable national des relais 4×400 m. « On avait dit départ de la navette à 10h30. Être à 10h32 dans le bus, ce n’est pas possible, cela tend tout le monde. Être à l’heure, c’est déjà être en retard », appuie le chef d’orchestre des groupes, tout en soulignant « l’ambiance positive dans l’équipe ».

« Maintenant, il faut monter la concentration sur l’objectif. La bonne ambiance n’est pas suffisante, il faut être prêt pour se libérer demain sur la piste. »

Emmanuel Huruguen, responsable des relais 4×400 m

lors du brief de la dernière séance d’entraînement

Pour certains des athlètes, il aura fallu attendre cinq jours avant d’entrer en compétition. Emmanuel Huruguen tient donc à mobiliser ses troupes devant l’échéance qui se rapproche. La mise au point faite, garçons et filles partent pour un footing sur l’herbe jaunie du stade.

Les Bleus écoutent le briefing d'Emmanuel Huruguen, responsable des relais 4x400 m, à Birmingham, le 13 août 2026.
Les Bleus écoutent le briefing d’Emmanuel Huruguen, responsable des relais 4×400 m, à Birmingham, le 13 août 2026. (ANAIS BROSSEAU/FRANCEINFO: SPORT)

Pour responsabiliser les plus expérimentés du groupe, le coach avait d’abord chargé Jimy Soudril d’expliquer les règles : courir tout en se passant, sans heurts, le témoin. Une façon aussi de s’assurer que la culture du relais français se transmet de génération en génération.

Au programme, vingt minutes d’échauffement collectif pour souder le groupe et réveiller le système nerveux. De petits exercices de lancers de témoin titillent l’esprit de compétition, tout en déclenchant une cascade de rires. « C’est bon enfant. L’idée, c’est de les faire entrer dans l’aventure relais. Ensuite, ils auront trente minutes pour leur routine individuelle d’échauffement avant un temps de travail collectif d’ajustements », déroule Emmanuel Huruguen, qui compose avec un mélange de nouveaux (Dylan Mileau, Samuel Vessat, Orianne Chery) et de visages plus connus.

À 11h50, alors que le thermomètre affiche plus de 30°C, les athlètes achèvent leur échauffement à l’ombre avant de se diriger dans un virage de la piste, en plein soleil. « On avait dit 11h50 au point des transmissions, il est 11h52 », râle Emmanuel Huruguen. « Demain, ça serait pareil, il y aura ceux à l’heure et les autres, ça tend et complique la gestion des émotions. »

Avant de travailler les transmissions, sur quelques appuis seulement, l’heure est d’abord aux rappels du règlement. À la jeune Meta Tumba, intégrée au collectif en raison de la blessure de Benedetta Kouakou, d’indiquer les repères au sol qui matérialisent la zone de transmission.

Puis place à la pratique. « Samuel [Vessat], fais attention à tes pieds et à ta main, avance-toi, sinon tu risques de te faire disqualifier en mordant sur la ligne », reprend Emmanuel Huruguen. « Si je mets un pied dans le couloir extérieur en transmettant, il se passe quoi », interroge en souriant Predea Manounou, avant de se faire rabrouer par le coach. « On ne veut pas faire ça. » « Il faut toujours revoir nos repères, ce n’est pas naturel », avoue Predea Manounou, très volontaire pour multiplier les répétitions. « On ne fait finalement pas beaucoup de relais dans l’année, à part aux interclubs », justifie Jimy Soudril.

12h30. L’entraînement est tout près de s’achever. Juste à temps pour que les Tricolores allument leur téléphone et regardent la course d’Isabelle Black. L’esprit collectif avant tout. Dans l’après-midi, Emmanuel Huruguen leur dévoilera la composition des équipes avec les titulaires et les jokers. « La séance de ce matin n’est pas un élément déterminant, sauf si quelqu’un n’est plus dans la dynamique », glisse le responsable des relais. « On le voit avec la direction technique nationale, on est passé d’une culture de la participation à une culture de la gagne. »

Le cri de guerre des Bleus à l'issue de la séance d'entraînement.
Le cri de guerre des Bleus à l’issue de la séance d’entraînement.
FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *