À Épernay, l’entreprise familiale créée en 1876 s’est battue pour préserver des gestes centenaires dans la dernière grande usine de lingerie hexagonale. Aujourd’hui, elle relance une production ambitieuse, accueillant même une soixantaine de marques en quête de fabrication française.
Les conversations sont feutrées, les gestes économes. Dans l’usine Chantelle d’Épernay, dans la Marne, les 85 couturiers travaillent sans lever les yeux, concentrés sur quelques millimètres de couture ou de dentelle découpée à la main. Ici, personne ne court. Pourtant, tout avance vite. D’un poste à l’autre, un soutien-gorge passe entre une quarantaine de mains.
Inaugurée en 1962, l’usine est aujourd’hui le dernier atelier de corseterie encore en activité dans l’Hexagone. C’est un morceau de l’histoire industrielle française, une rareté à l’époque où la confection textile a largement quitté le territoire.
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Mais pour comprendre Épernay, il faut se rendre à une centaine de kilomètres de là, à Romilly-sur-Seine. C’est là-bas qu’en 1876 la famille Kretz pose la première pierre de ce qui deviendra la marque de lingerie Chantelle, en inventant un tricot élastique destiné à rendre les corsets moins contraignants. Des corsets qui laisseront place aux gaines, puis aux soutiens-gorge.
Chantelle, la gaine qui ne remonte pas
Au fil des décennies, l’entreprise a su évoluer tout en préservant son savoir-faire artisanal. Les couturières de Chantelle ont su adapter leur art aux tendances contemporaines, maintenant la réputation de la marque intacte à travers les âges.