La Frappe : Bastien Bouillon incarne un père abusif dans un film dérangeant mais nécessaire.






La Frappe – Film de Julien Gaspar-Oliveri

Publiée le 30/08/2026 à 12:06

Temps de lecture : 3 min

Bastien Bouillon et Diego Murgia dans le film "La frappe", de Julien Gaspar-Oliveri, en salles le 2 septembre 2026. (EASY TIGER)
Bastien Bouillon et Diego Murgia dans le film « La frappe », de Julien Gaspar-Oliveri, en salles le 2 septembre 2026. (EASY TIGER)

Julien Gaspar-Oliveri s’attaque à l’inceste à travers l’histoire d’un frère et de sa sœur abusés par leur père, qui devenus adultes, souffrent toujours des agressions qu’ils ont subies dans leur enfance.

Dans la peau de Samuel Paty dans le téléfilm La Rumeur, réalisateur de Ceux qui rougissent (Arte), prix de la meilleure série courte au festival Série Mania, Julien Gaspar-Oliveri signe un premier long-métrage de cinéma prometteur. La Frappe sort dans les salles le 2 septembre.

Carla, 20 ans, et son frère Enzo, 19 ans, partagent un secret depuis l’enfance, un fardeau qui se réveille quand leur père, Anthony, est de retour après cinq années passées derrière les barreaux. Ses enfants ont grandi. Enzo prépare la maison pour accueillir son père et lui propose de travailler avec lui sur les marchés. Carla, elle, refuse de revoir celui qui a empoisonné leur enfance.

Avec ce film qui puise dans son histoire personnelle, Julien Gaspar-Oliveri raconte un inceste commis par un père sur ses deux enfants. Quand on entre dans l’histoire, le temps a passé, les deux enfants sont devenus de jeunes adultes. C’est dans ce présent, à distance des faits, que le film dessine les crimes passés. Une distance qui permet d’éviter l’écueil du voyeurisme, et qui montre la persistance des blessures, des années après les agressions.

Julien Gaspar-Oliveri creuse avec ce premier film la question de l’inceste. Un sujet qu’il a déjà abordé au théâtre notamment dans La Gueule Ouverte, un texte dont il est l’auteur, mis en scène en 2026 au théâtre national de la Commune à Aubervilliers. Si le film aborde la question des violences sexuelles exercées par un adulte sur des enfants, il montre surtout les déchirements intérieurs et l’ambivalence des sentiments qui s’y ajoutent pour les victimes quand ces violences sont commises par un père.

« Mon objectif était que l’on comprenne qu’on ne peut pas arrêter d’aimer ses parents. Le sujet de l’inceste, c’est que ce n’est pas n’importe quel agresseur autour de nous, ce sont nos dieux. Et quand on touche aux dieux, la terre tremble. C’est une contradiction terrible« , explique Julien Gaspar-Oliveri dans la présentation du film.

« Le sujet est très autobiographique. En revanche, le récit ne l’est pas. Je n’ai pas eu envie de raconter les scènes que j’avais vécues, de rester collé à ma propre souffrance. Je ne fais pas du documentaire. Ce qui est intéressant en fiction, ce n’est pas de se raconter, c’est d’ouvrir sur une question dramaturgique plus forte que ses propres questions personnelles« , ajoute-t-il.

Sans flash-back, le scénario donne à voir ce qui a eu lieu dans le passé en scrutant ce moment présent, ce moment de « retrouvailles » impossibles avec le père, après un séjour de plusieurs années en prison. La mise en scène, avec un travail sur
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