Le premier tirage de l’édition 2026 du Loto du patrimoine a lieu lundi 7 septembre au soir. Cet événement, associé à la personnalité de Stéphane Bern, a permis depuis son lancement de récolter 383 millions d’euros et de sélectionner 1 080 sites à travers la France.
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Le projet de Stéphane Bern
Depuis neuf ans, Stéphane Bern, animateur passionné d’histoire, s’est vu confier par Emmanuel Macron la mission de financer en partie la restauration des monuments français. En 2018, le président, tout juste élu, avait lancé cette initiative : vendre des jeux à gratter et des tickets de loto pour aider à la préservation du patrimoine, qu’il s’agisse d’églises, de châteaux, de forts, de viaducs ou de moulins dispersés dans tous les départements français.
Un pilier de la culture locale
À Jujurieux, dans l’Ain, le Loto du patrimoine soutient l’un des treize châteaux de la commune : le château de Chenavel, un édifice remarquable datant de 1340, qui n’a pas été démoli durant la Révolution. Marie-Françoise Bonnard, déléguée de la Fondation du patrimoine dans l’Ain, a expliqué : « Il est effectivement de la propriété de la famille Bonnet. Ces bâtiments, depuis le XXe siècle, sont difficiles à maintenir. La restauration des châteaux peut se chiffrer en millions d’euros. »
L’ampleur des travaux nécessaires
L’architecte Franck Turquois, en charge des travaux, constate l’ampleur de la tâche. Il indique : « L’aile nord a été endommagée par un incendie. Nous allons renforcer et restaurer les murs de soutènement. » Le Loto du patrimoine permet aux propriétaires privés de recevoir jusqu’à 300 000 euros pour réaliser des travaux d’urgence. Marie-Françoise Bonnard ajoute : « Cela booste les propriétaires, cela leur donne du courage pour continuer. »
Soutien à la communauté
Le maire de Jujurieux, Frédéric Monghal, souligne que la restauration est essentielle pour préserver l’histoire de la commune, qui a vu passer une main-d’œuvre de 2 000 ouvriers à l’ère industrielle. « C’est important de maintenir ce patrimoine, » dit-il, ajoutant que le château devrait bientôt s’ouvrir au public.
Les enjeux du financement
Cependant, quelle part de l’argent des joueurs est réellement investi dans la restauration ? Pour un ticket de jeu à gratter coûtant 15 euros, la Fondation du patrimoine ne perçoit que 1,86 euro. Pour une grille de Loto à 2,20 euros, elle reçoit 54 centimes. Malgré cela, 383 millions d’euros ont été récoltés depuis le lancement, permettant de sélectionner 1 080 sites, dont plus de 70 % sont sauvés ou en voie de l’être.
Un patrimoine à préserver
Cette année, 100 nouveaux sites, tels que le fumoir des anciens abattoirs à La Châtre ou la synagogue de Dijon, vont recevoir des fonds. Cependant, comme le rappelle Stéphane Bern : « Je regarde la France depuis mon village et on se dit qu’il n’y a toujours que pour Paris. » Il souligne l’importance de restaurer les monuments en provinces pour stimuler l’économie locale.
En conclusion, le Loto du patrimoine représente une opportunité précieuse pour financer la sauvegarde du patrimoine culturel français, à condition que ses bénéfices soient effectivement utilisés de manière efficace. Toutefois, la lutte pour la préservation de ce patrimoine reste un défi majeur dans le contexte actuel.