L’enquête a débuté en 2022, après qu’une jeune femme, tout juste majeure, a porté plainte contre un homme de 71 ans et son épouse. Cette affaire a pris une ampleur considérable, soulevant de graves accusations à l’encontre de plusieurs familles d’accueil.
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Après la mise en examen d’un couple de famille d’accueil pour des soupçons de viols et d’agressions sexuelles sur une vingtaine d’enfants depuis le début des années 1990 en Moselle, un autre couple est mis en cause dans ce dossier, indique le parquet de Sarreguemines, lundi 7 septembre. Le ministère public précise que la seconde famille est « une famille-relais notamment de la première ». Ces deux familles d’accueil relevaient de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) de la Moselle.
Au total, 14 filles et 12 garçons (soit 26 personnes) dénoncent « des viols, des agressions sexuelles, des violences, des privations de soins ou encore des comportements de corruption exercés envers eux par les deux hommes adultes des familles », indique le parquet. Une des épouses est soupçonnée « d’avoir eu connaissance des sévices sans les dénoncer aux autorités », ajoute le parquet.
Les deux couples ont été placés en garde à vue le 19 août dernier. Tous ont contesté les faits qui leur étaient reprochés. À l’issue de la garde à vue, les deux hommes et l’épouse de l’un d’eux ont été présentés devant le juge d’instruction du tribunal judiciaire de Sarreguemines. Le premier homme est actuellement âgé de 61 ans et ne possède pas de casier judiciaire. Il a été mis en examen pour « agressions sexuelles sur des mineurs de 15 ans » et pour « corruption de mineurs de moins de 15 ans », entre les années 2015 à 2017. Il a été placé sous contrôle judiciaire.
Le second homme, âgé de 71 ans, n’a pas non plus d’antécédent judiciaire. Il a été mis en examen pour « viols » et « agressions sexuelles sur mineurs de moins et de plus de 15 ans » ainsi que pour « corruption de mineurs de 15 ans » entre 2009 et 2016. Il a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, avant d’être finalement remis en liberté par la Cour d’appel de Metz jeudi dernier, tout en étant placé sous contrôle judiciaire.
Son épouse, âgée aujourd’hui de 69 ans et sans antécédent judiciaire, a été mise en examen pour « non-dénonciation d’abus sexuels sur des mineurs » commis en 2015 et 2016. Elle a également été placée en détention provisoire le 19 août par le juge des libertés et de la détention, avant d’être remise en liberté sous contrôle judiciaire jeudi dernier, après avoir fait appel de cette décision.
Le parquet précise qu’« un certain nombre de faits dénoncés, notamment les violences, s’avéraient prescrits en considération de l’état du droit de la prescription au moment des faits et de l’intervalle de temps passé avant qu’ils ne soient portés à la connaissance des autorités ».
Entre 2022 et 2026, une cinquantaine de garçons et de filles, désormais majeurs, « ont rapporté à plusieurs services de police et de gendarmerie avoir été victimes d’abus sexuels et de violences » pendant le temps de leur placement comme mineurs auprès de ces deux familles d’accueil, entre les années 1997 et 2017. À l’issue de l’enquête préliminaire, 14 filles et 12 garçons ont donc finalement dénoncé ces faits.
L’enquête avait débuté après qu’une jeune femme, l’une des anciennes pensionnaires, a porté plainte contre l’homme de 71 ans et son épouse. Celle-ci a été hébergée dans cette famille d’accueil il y a plusieurs années et accuse le couple de violences habituelles et de corruption de mineurs. Les enquêteurs ont alors décidé de rechercher tous les anciens enfants accueillis par ce couple d’assistants familiaux, retrouvant ainsi une cinquantaine de victimes aujourd’hui dispersées aux quatre coins de la France.
L’enquête a été confiée à la gendarmerie « et plus spécifiquement aux brigades de recherches de Forbach et de Sarreguemines, avec le soutien de la Maison de protection des familles (MPF) ». Le parquet indique que l’enquête se poursuit.