À 48 heures du premier concert de Céline Dion à Paris, les répétitions sont terminées, mais rien n’a filtré du contenu du spectacle. Seize dates sont prévues, avec des centaines de milliers de spectateurs et des retombées économiques considérables. Reportage dans les coulisses d’un retour très attendu, mais aussi d’un immense business.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Depuis plus de dix jours, c’est un show avant l’heure. Une reine qui sait faire patienter ses fans comme il se doit et qui leur offre même des duos inespérés. Céline Dion a Paris à ses pieds, deux ans après une performance mémorable. La Céline Mania est repartie, et en attendant le lever de rideau, les affaires ont déjà commencé.
Dans un grand magasin parisien, on trouve 80 mètres carrés entièrement consacrés à la star. Ici, pas de bijoux, mais une sécurité digne d’une boutique de luxe et des fans nombreux, prêts à dépenser sans compter, pour repartir avec un bout de leur idole. Une cliente et fan a un budget de 200 euros, « mais on ne sait jamais », dit-elle, car avec « la musique en fond », elle serait prête, plaisante-t-elle, à monter à 400. Tous sont venus chercher des produits exclusifs à partir de 12 euros et qui grimpent jusqu’à 195 euros. Des articles sur lesquels la société de la chanteuse percevrait en principe entre 10 et 20%. Une fan venue d’Amiens (Somme) n’a pas résisté, elle avait même réservé son budget vacances pour ses achats. Elle dit avoir dépensé « presque un salaire, un Smic », tout en ironisant : « Il y a des gens qui ont des lingots, moi, j’ai Céline Dion. »
Rien n’est jamais assez pour les vrais fans, prêts à acheter sans compter. « C’est 30 ans de passion devant moi. J’ai plus de 900 objets sur Céline Dion. » Christophe Meignen accumule les souvenirs depuis son enfance : magazines, T-shirts, mugs, CD… Un trésor qu’il estime à 10.000 euros et qu’il compte bien enrichir encore. « Même si c’est cher, tant pis, Céline Dion n’a pas de prix. J’ai vraiment envie de posséder un nouvel objet de 2026 », confie-t-il. Pour Christophe, cette année, ce sera un t-shirt, à défaut d’une place de concert.
Comme lui, ils sont des milliers à ne pas avoir eu de billets. Et ça, les organisateurs d’événements l’ont bien compris. Car même sans Céline sur scène, les billets s’arrachent. Mercredi soir, dans une salle parisienne, nous retrouvions 2.600 fans surchauffés. Ils ont dépensé entre 29 et 39 euros pour un karaoké XXL. La folie Céline a gagné Paris et ce genre d’événement va se multiplier jusqu’en 2027.
Dans le business Céline Dion, tout le monde veut sa part de gâteau. Et il y a des produits dérivés plus inattendus que d’autres. Pierre Hermé sort par exemple un coffret collector avec des macarons choisis par la chanteuse. « Fruits de la passion, chaï latte, huile d’olive et mandarine… », détaille le pâtissier. Il faut compter 38 euros les huit macarons, contre 27 habituellement. Même pour Pierre Hermé, l’image de Céline vaut de l’or. « Je pense qu’on est un peu moins connus que Céline Dion. Et dès la mise en vente sur notre site, en 3 heures, il y a eu 300 commandes. C’est incroyable », glisse-t-il.
Mais dans l’histoire, la grande gagnante reste Céline Dion. Des enseignes de prêt-à-porter aux supermarchés, plus qu’une icône, elle est une femme d’affaires qui depuis 40 ans construit un empire musical et financier. « Le fait d’avoir des activités en dehors de la musique, ça, ce n’est pas nouveau. Mais les produits dérivés tels qu’on l’entend aujourd’hui, ça, c’est assez récent. C’est finalement la première fois qu’elle le fait dans une telle proportion », souligne Jérémy Parayre, auteur de Céline Dion, album par album, aux éditions Gründ.
Une machine à vendre portée par des fans toujours aussi fidèles. La fièvre Céline a gagné Paris, et il est difficile d’y échapper.