Dans Les Experts Cinéma, Thierry Fiorile et Matteu Maestracci évoquent cette semaine les films Adieu monde cruel de Félix de Givry et La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Taquet.
Publié le 12/09/2026 à 09:27
Temps de lecture : 2 min
/2026/09/10/6aa2beb07ca86643173586.jpg)
Adieu monde cruel : Un regard sur le harcèlement scolaire
Avec Adieu monde cruel, nous sommes entre le conte adolescent, le film d’apprentissage et le fait de société. Ce dernier, qui terrifie parents et enfants, est le harcèlement scolaire.
Otto, 14 ans, écrit une lettre à tous les élèves de sa classe et disparaît. On le croit mort, mais il se cache. Léna, une élève de son lycée, le reconnaît et décide de lui venir en aide. Les deux adolescents vont s’apprivoiser et découvrir ensemble les premiers émois de la vie, confrontés à un environnement hostile. Leur complicité et leur amour naissant semblent être un passeport vers la lumière.
Tourné en pellicule 16 mm avec une voix off et un décor d’une petite ville au charme désuet, Adieu monde cruel offre à Milo Machado-Graner, dans le rôle principal, un écrin pour déployer la complexité de son personnage. À 19 ans, Milo, découvert dans Anatomie d’une chute de Justine Triet, Palme d’or à Cannes en 2023, a pris de l’épaisseur dans son jeu et tourne au moins un film par an tout en poursuivant ses études. Bien que ce soit son « premier premier rôle« , le film, bien que sympathique, manque de fraîcheur contemporaine pour un regard qui se tourne vers le cinéma d’auteur français.
La vie d’une femme : Portrait d’une cheffe de service
Vous avez aimé Léa Drucker en quinqua professionnelle et impliquée, qui embarque la caméra avec elle dans Dossier 137 ou L’intérêt d’Adam? Vous l’aimerez sans doute dans le nouveau film d’une réalisatrice qui avait signé Les amours d’Anaïs. Dans ce film, elle présente Gabrielle, cheffe de service en chirurgie, submergée par les tâches et responsabilités d’un hôpital public en souffrance. Sa vie est à la fois à cent mille volts et légèrement monotone dans le privé, mais prend un tournant inattendu lorsque Gabrielle débute une liaison avec Frida (Mélanie Thierry), romancière venue l’observer pour son prochain livre.
Il faut apprécier La vie d’une femme pour ce qu’il raconte : la vie d’une femme moderne de plus de 50 ans qui cherche à tout contrôler mais finit par lâcher prise. Le film, à la fois lumineux et amer, se distingue par son casting : Léa Drucker y brille à nouveau, rejoint par Laurent Capelluto et Marie-Christine Barrault qui incarne la mère de Gabrielle, atteinte d’Alzheimer, dans des scènes très touchantes. En revanche, on peut déplorer un découpage quelque peu lourd, s’étendant sur une dizaine de chapitres.