La série mi-comique mi-horrifique nous emmène en Nouvelle-Angleterre sur une île hantée qui cherche à attirer des touristes.
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Widow’s Bay, en français la « baie des veuves », est une île de pêcheurs un peu abandonnée au large de la Nouvelle-Angleterre, que ses habitants ne quittent pas pour une raison simple : un sort a été jeté à ce peuple de marins, qui les attache à leur île. Mais le maire Tom Loftis, joué par le doublement récompensé Matthew Rhys, veut conjurer ce sort. Il compte en faire une nouvelle Martha’s Vineyard, du nom de cette île du Massachusetts qui accueille régulièrement la jet set américaine, et exploiter son potentiel touristique pour la développer. Pour ce faire, il va devoir convaincre des habitants récalcitrants, alors que des phénomènes inexpliqués se multiplient sur l’île. La première saison de la série, qui oscille en permanence entre rire et épouvante, est sortie sur Apple TV le 29 avril 2026, où elle trône depuis lors dans le top 10. Elle a obtenu quatorze trophées aux Emmy Awards 2026, battant ainsi le record de la comédie la plus récompensée. Non sans raison…
1. Une atmosphère envoûtante et inquiétante
La créatrice de la série Katie Dippold (Parks and Recreation) voulait une atmosphère très particulière, faite d’humour, d’images léchées, de dialogues ciselés et de surprises permanentes dans un scénario dont on ne sait jamais s’il s’agit de lard ou de cochon, s’il faut avoir peur ou rire d’avoir peur, telle cette scène avec le maire enfermé dans le salon d’une maison hantée et qui va recevoir la visite d’une créature censée l’étouffer en s’asseyant sur son visage… On pourrait à ce moment-là se contenter de rire, mais le tour de force du réalisateur Hiro Murai est d’installer l’épouvante, grâce à une photographie sépia magnifique et une mise en scène au cordeau. Ainsi, dans de multiples scènes d’un scénario plein de rebondissements, l’on se retrouve à serrer son accoudoir de canapé, comme on serre la barrière d’une nacelle d’un grand huit. Hiro Murai (Mr & Mrs Smith, The Bear) a d’ailleurs également obtenu l’Emmy Award du meilleur réalisateur pour une série comique.
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2. Des comédiens qui excellent dans l’art du second degré
Matthew Rhys, récompensé avec un titre de meilleur acteur dans une série comique, est hilarant dans le rôle du maire cartésien qui cherche à garder les pieds sur terre (réussira-t-il à les garder ? C’est une autre histoire…), mais il n’est pas le seul. Kate O’Flynn joue Patricia, son assistante flippée et rejetée par la bonne société de la ville parce qu’elle ne rentre pas dans les cases. Elle a également obtenu une récompense en tant que meilleure actrice dans un second rôle dans cette série. Son registre de jeu très premier degré est lui aussi extrêmement drôle, montrant une fille un peu perdue et craintive se révélant, au fur et à mesure des épisodes, beaucoup plus vaillante qu’elle n’en a l’air. Stephen Root, qui l’accompagne en Cassandre ayant tout vu, complète le trio de tête. Mais l’ensemble des acteurs constitue une gamme de personnages tous plus originaux les uns que les autres, sans oublier les figures surnaturelles qui les poursuivent…
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3. Une histoire qui nous emmène dans l’inconnu
C’est peu dire qu’on vogue de surprise en surprise lorsqu’on regarde Widow’s Bay. D’ailleurs, pour cette histoire, Katie Dippold a également reçu l’Emmy Award du meilleur scénario, et pour le coup ceci n’est pas surprenant. Sans en dévoiler trop, la série qui débute sur une atmosphère bon enfant, va peu à peu s’enfoncer dans un surnaturel plus vrai que nature, et cependant toujours totalement burlesque. Ainsi des multiples scènes de poursuites, ou d’envoûtement collectif, où l’on ne sait jamais si on est dans le domaine de l’onirique ou d’un réel qui déraille… L’épisode où Tom Loftis prend des champignons à l’insu de son plein gré (pour pasticher un célèbre coureur cycliste) est ainsi parmi les plus hilarants de la série, sans être gratuit puisqu’il est essentiel pour la suite de l’histoire. Matthew Rhys y excelle particulièrement, en édile ahuri qui tente de garder une contenance alors que la menace rôde. Cet autre épisode sur les origines de l’île arrive également de manière totalement inattendue, faisant prendre une direction fantastico-historique à la série qui semble pourtant totalement logique, et ce n’est pas le moindre mérite d’un scénario qui semble partir dans tous les sens, que de rebondir en permanence sur ses rails. Widow’s Bay a d’ores et déjà été renouvelée pour une deuxième saison, qu’on a hâte de voir…
Widow’s Bay, série en 10 épisodes de 30 minutes, créée par Katie Dippold, avec Matthew Rhys, Kate O’Flynn, Kevin Caroll, Stephen Root… À voir sur Apple TV.