Le notaire est le « médecin juridique » de la famille, explique un expert successoral. Il doit aider les héritiers qui se disputent à trouver un compromis. Il y a la loi, les usages et les règles tacites de certaines familles… Et il y a la réalité. Partager broches et diamants lors d’un héritage n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Voici des conseils et témoignages.
Par Elodie Bærd
Publié le 16/09/2026 à 18h58, mis à jour le 16/09/2026 à 22h29.
Le jour où le commissaire-priseur devait passer chez sa mère, décédée quelques semaines auparavant, afin d’évaluer ses biens, Bernard a reçu un message d’une de ses sœurs : « Ne sois pas surpris si tu vois que le coffre-fort de maman est vide, c’est moi qui ai tout récupéré, je t’expliquerai. »
Ce septuagénaire bordelais n’avait aucune idée de ce que contenait le coffre, se souvenant seulement que ses parents possédaient des louis d’or. Il présumait aussi que la bague de fiançailles de sa mère, qu’elle ne portait plus depuis un moment, s’y trouvait.
Le lendemain, sa sœur finissait par lui « expliquer » qu’elle avait voulu soustraire les bijoux à l’inventaire afin d’éviter les droits de succession. Quelques jours après, elle demandait à un second commissaire-priseur d’expertiser le contenu du coffre, pour assurer une « répartition équitable ».
À lire aussi : « J’ai 70 ans et ma fille ne veut pas de mon diamant » : que faire de ses bijoux quand ses enfants ne sont pas intéressés ?
Mais le ver était dans le fruit, ou plutôt la suspicion dans l’esprit des autres héritiers. Ces derniers ne pouvaient s’empêcher…