Baisse de la TVA et suppression des CEE : Maud Bregeon examine les propositions des oppositions






Maud Bregeon défend les aides ciblées

Maud Bregeon soutient le choix de l'exécutif.
Maud Bregeon a défendu le choix de l’exécutif de privilégier les « aides ciblées ». Gonzalo Fuentes / REUTERS

« Avec quel argent Marine Le Pen finance les aides qu’elle propose ? Elle n’en a pas elle-même la moindre idée », a taclé la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, au sujet de la baisse de la TVA sur les carburants proposée par la candidate du Rassemblement National (RN).

« Avec quel argent ? » La porte-parole du gouvernement a balayé d’un revers de main certaines propositions avancées par les oppositions pour faire baisser les prix des carburants. Lors d’une interview sur France Inter, elle a défendu le choix de l’exécutif de privilégier les « aides ciblées » à destination des secteurs professionnels les plus touchés par la flambée des prix et des Français les plus modestes, expliquant ainsi pourquoi d’autres solutions avaient été écartées.

Prenant l’exemple de la proposition du RN d’abaisser de 20 % à 5,5 % la TVA sur les carburants, le fioul et le gaz, Maud Bregeon a rappelé qu’un tel dispositif coûterait pas moins de 15 milliards d’euros à l’État, soit « plus que le budget du ministère de la Justice ». Elle a ainsi lancé : « Avec quel argent Marine Le Pen finance les aides qu’elle propose ? Elle n’en a pas elle-même la moindre idée. »

De manière générale, Maud Bregeon estime que la politique de la candidate du RN à l’élection présidentielle contredit l’ambition française de sortir de sa dépendance aux énergies fossiles. « Quand Marine Le Pen propose de subventionner le gaz et le pétrole, mais d’arrêter les éoliennes et le photovoltaïque, elle promeut indirectement le gaz algérien, hier le gaz russe, le GNL américain et le pétrole importé du Moyen-Orient. C’est extrêmement grave et ça va à l’encontre des intérêts français », a-t-elle ajouté.

Des aides ciblées, temporaires et financées

Elle a également évoqué la proposition de Bruno Retailleau, candidat des Républicains (LR) à l’élection présidentielle, de supprimer les certificats d’économie d’énergie (CEE) – un dispositif qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions de réduction de la consommation énergétique. Selon elle, c’est une aberration alors que ce mécanisme « finance la transition énergétique des particuliers vers l’électricité ».

Ce point de vue est partagé par le ministre de l’Action et des Comptes publics. Sur LCI, David Amiel a déclaré qu’il préférait « travailler sur des dispositifs d’aides ciblées, temporaires et financées » plutôt que de choisir la « facilité » en annonçant des mesures qui nécessiteraient éventuellement d’augmenter les impôts à terme pour être financées. De plus, une baisse généralisée des taxes reviendrait à « aider des gens qui n’en ont pas besoin », comme s’il prenait sa voiture pour partir en week-end.

« En revanche, il faut aider ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller au travail », a-t-il poursuivi. Il a également souligné qu’une fois que des « aides générales » avaient été mises en place, cela avait coûté entre 7 et 8 milliards d’euros. « Aujourd’hui, nous voyons les mesures que nous sommes obligés de prendre pour pouvoir le compenser, si nous ne voulons pas avoir une avalanche de taxes demain », a-t-il conclu, se référant à l’effort budgétaire de 54 milliards d’euros dans le cadre du budget 2027 annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.



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