Par Le Figaro avec AFP. Publié le 01/10/2026 à 14h23.

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L’objectif de ramener le déficit public sous 3 % du PIB en 2029, dans la limite européenne, est « très peu vraisemblable », a alerté l’institution ce jeudi.
Le Haut Conseil des finances publiques a appelé à un effort budgétaire « important et soutenu dans la durée » pour « reprendre le contrôle » d’une dette publique à coût exponentiel et préserver la « souveraineté financière » du pays.
Il souligne que « la situation très dégradée des finances publiques françaises, avec la conjonction d’un endettement élevé et d’un déficit très creusé, appelle un effort de consolidation important et soutenu dans la durée », selon son avis sur les projets de budget de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027 présentés par le gouvernement.
Malgré un effort « significatif » prévu en 2027, celui-ci ne permettra qu’une réduction limitée du déficit public, constate cet organisme indépendant rattaché à la Cour des comptes : le coût croissant de l’endettement de la France, accentué par la flambée de ses taux souverains, « absorbe une part importante de l’effort d’économies ». Le gouvernement revendique un effort de 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles, afin de ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB) après un dérapage attendu à 5,4 % cette année. La dette atteindrait 121,7 % du PIB l’an prochain, un record.
« Le Haut Conseil considère qu’il est essentiel que l’effort prévu en 2027 soit intégralement réalisé », a prévenu Amélie de Montchalin, présidente du HCFP, lors d’une conférence de presse. « Il en va de notre capacité à reprendre le contrôle de la dette, à préserver notre souveraineté financière. Ce n’est donc pas un problème pour demain, mais bien pour aujourd’hui », a-t-elle ajouté, elle qui préside également la Cour des comptes et fut ministre des Comptes publics jusqu’à début 2026.
Un objectif « très peu vraisemblable »
Alors que le gouvernement mesure l’effort budgétaire par rapport à la trajectoire spontanée des finances publiques à politiques inchangées, le HCFP le chiffre plutôt à 40 milliards d’euros hors charge d’intérêts de la dette. L’effort d’économies est réduit à 28 milliards en tenant compte du coût de la dette, qui augmentera de 12 milliards d’euros à 91 milliards, selon le gouvernement.
L’équation budgétaire est rendue encore plus compliquée pour le gouvernement dans un environnement international instable, avec des poussées inflationnistes et une grande incertitude politique en France. Dans ce contexte, le Haut Conseil juge « plausible » le scénario économique pour 2026 mais estime « optimiste » la prévision de croissance pour 2027, prévue à 1 % après 0,5 % cette année. De même, l’objectif de ramener le déficit public sous 3 % du PIB en 2029, dans la limite européenne, est « très peu vraisemblable ».