Par Bertille Bayart
Publié le 02/10/2026 à 19h28, mis à jour le 02/10/2026 à 20h25.

Piroschka Van De Wouw / REUTERS
Analyse de la situation actuelle
Les taux d’intérêt flambent à une vitesse anormale. La France est devenue le mouton noir pour les investisseurs obligataires et risque à chaque instant un accident de crédit. Récit d’un possible scénario noir.
Septembre noir pour la dette française. Les taux d’intérêt sur les titres de dette à 10 ans de l’État flirtent avec la barre des 5 % (4,99 % vendredi). Ils étaient à 4,2 % il y a un mois, à 3,3 % en mars. L’accélération est prodigieuse. Elle intervient dans un contexte de très fortes tensions sur les marchés obligataires internationaux, en particulier aux États-Unis. Mais, dans ce maelström, la France se singularise. L’écart entre le prix qu’elle paie pour sa dette et le coût de l’argent pour l’Allemagne s’élargit chaque jour. Ce spread est passé de 65 points de base en juin à 80 points début septembre, et à plus de 150 points ce vendredi. C’est vertigineux.
Sommes-nous en train de basculer dans la crise financière, comme l’ont fait par exemple le Royaume-Uni il y a exactement cinquante ans, contraint d’appeler à l’aide le Fonds monétaire international, ou la Grèce, acculée à la quasi-faillite en 2010 ? Les crises financières prennent des formes différentes. Mais elles se caractérisent par une incapacité à maintenir la confiance des investisseurs, une spirale de hausse des taux qui rend le financement de la dette intenable, et un risque de défaut qui ne cesse d’augmenter.
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