Comme chaque année, la commune d’Ollioules (Var) devient le théâtre de la fête de l’olivier. Plus de 20 000 visiteurs, locaux ou touristes, viennent en savoir plus sur le bijou de la Provence.
Un événement culturel et historique
Dans la grande tradition provençale, l’olivier est un arbre à part, presque sacré. Il a donné son nom à Ollioules, ce village du Var, qui le célèbre chaque année début octobre pour valoriser les produits et célébrer son histoire. Dans un ancien moulin du XVIIe siècle, on produisait de l’huile d’olive.
À l’époque, la commune était cernée par les oliviers. En témoigne une aquarelle de 1825 : « Tous les points noirs sur cette aquarelle, ce sont des oliviers. À cette époque-là, il y avait 45 000 oliviers à Ollioules », explique Daniel Patrie, membre du groupe de recherche du patrimoine ollioulais. Dix-huit moulins ont fonctionné au cœur de la commune jusqu’au grand gel de 1956, qui a porté un coup très rude à la production locale.
Une immersion dans l’histoire de l’olive
Depuis 35 ans, la fête de l’olivier permet aux visiteurs de se plonger dans cette histoire. « Ils expliquent le fonctionnement des machines, la façon dont ça fonctionnait à l’époque. Vraiment, on a beaucoup apprécié », souligne une femme. « On sent qu’à Ollioules, ils ont de l’huile d’olive dans les veines », sourit son mari.
Elle coule surtout sur les 80 stands. L’huile, la star de la fête, et les olives de Provence que viennent déguster les visiteurs. « Nous venons du sud de Toulouse, de l’Ariège. On ne connaissait pas la fête de l’olivier. Moi, j’adore les olives, de toute façon, et celles-là sont excellentes », savoure une touriste.
Ateliers et démonstrations pratiques
Pour qu’un olivier produise beaucoup, encore faut-il savoir le tailler. Anthony Hu, jardinier paysagiste, propose une démonstration au public : « On a coupé au bon endroit. Là, ça va se refermer. C’est valable pour tous les fruitiers, il faut faire rentrer de la lumière. Aujourd’hui, il faut faire attention à ne pas en faire rentrer trop. En général, on éclaircit un maximum. On va enlever ça, en prenant soin de bien couper la branche entière, pour que l’arbre puisse cicatriser correctement. » Un cours apprécié, même par les locaux. « On est beaucoup de propriétaires d’oliviers sur Ollioules, on en a beaucoup dans nos jardins, » indique un homme. « On voit un peu des vidéos, des choses à faire, mais il n’y a rien de mieux que de voir en direct parce que ce sont des petits tips, des petits détails qui font la différence. »
La défense de l’olivier
Dans leur costume vert olive, voici les plus fervents défenseurs de l’olivier que vous pourrez rencontrer : la commanderie du rameau d’argent. Cette dernière profite de la fête pour introniser quatre nouveaux membres. « La Provence sans olivier, ce n’est plus la Provence. Il fait partie de notre terroir et nous, nous le défendons, notre terroir. J’ai du terrain, une place vide, qu’est-ce que je fais ? Je plante un olivier », clame Bernard Jacquet, grand maître de la commanderie du rameau d’argent.
Concours et ambiance conviviale
Les passionnés de l’olivier vont même jusqu’à s’affronter lors d’un concours très attendu du meilleur aïoli, une recette provençale à base d’ail pilé et d’huile d’olive, bien sûr, pour faire monter la sauce. « Je n’en fais qu’un par an, c’est aujourd’hui », indique un participant. C’est aussi pour cette ambiance conviviale que la fête de l’olivier attire chaque année plus de 20 000 visiteurs.