Jai testé pour vous… le portrait au collodion humide, un voyage dans le temps au XIXe siècle.






Portrait au collodion humide

Pour sa nouvelle immersion, Ingrid Pohu s’est rendue au salon Photo & Vidéo, à la Grande Halle de la Villette à Paris. Elle s’est fait portraiturer avec un procédé photographique artisanal datant de 1851.

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Ingrid Pohu a testé le portrait au collodion humide, un procédé photographique artisanal datant du XIXe siècle. (INGRID POHU / FRANCEINFO)
Ingrid Pohu a testé le portrait au collodion humide, un procédé photographique artisanal datant du XIXe siècle. (INGRID POHU / FRANCEINFO)

« J’ai beaucoup de personnes qui viennent se faire photographier au studio. Quand ils voient l’image apparaître, ils me disent : oh on dirait mon grand-père ou ma grand-mère. Il y a une telle émotion, j’ai vu des gens pleurer. »

Les selfies du XXIe siècle se banalisent ! Se faire portraiturer en noir et blanc comme ses lointains aïeux ? Nettement plus original ! Comme beaucoup, je suis à la recherche d’expériences, de sensations que j’avoue avoir un peu perdues à cause de la digitalisation. J’ai envie de revenir à du « palpable ». Comme dit Marjolaine Vuarnesson, gérante du studio Baxton à Bruxelles : « Il y a un côté fascinant à faire une image sans ordinateur. »

Alors, à l’occasion du salon Photo & Vidéo à Paris, j’ai testé pour vous le portrait au collodion humide. Inventé en 1851 par le Britannique Frederick Scott Archer, ce procédé est réalisé sur une plaque métallique. « L’appareil photo qu’on utilise est vraiment très simple. Il n’y a pas de boutons, tout est maîtrisable, de A à Z. On a des chambres de 1883, jusqu’à des plus récentes, dont celle-ci qui date de 1983. Déjà, l’objet est magnifique. »

Comme dit Marjolaine, chaque cliché est une naissance hasardeuse, un secret soufflé par la chimie et le temps. Chaque photo est dominée par l’aléatoire, oscille entre apparition et disparition. Marjolaine fouille l’âme, la mémoire du cœur et dépose sur le papier des fragments d’émotion. Une recherche de la beauté dans l’accident, dans ce qui tremble, ce qui fuit, ce qui s’efface. Son œuvre ne se contemple pas seulement : elle s’écoute, se ressent, comme un écho lointain, une empreinte laissée sur la surface du temps.

Fonctionnement du procédé

Comment ça fonctionne ? Une plaque de métal est recouverte d’une fine couche de collodion, une solution de nitrocellulose dissoute dans un mélange d’alcool et d’éther, contenant des sels iodés et bromés. Alors que le collodion est encore humide, la plaque est plongée dans un bain de nitrate d’argent. Des halogénures d’argent photosensibles se forment dans la couche. Puis la plaque humide est placée dans la chambre photographique et exposée à la lumière. La photo est prise !

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