Manu Larcenet dévoile Linsensé, sa bande dessinée tant aimée malgré les difficultés






Manu Larcenet et son nouvel ouvrage

Dans son nouvel ouvrage, l’auteur Manu Larcenet raconte l’histoire d’un dessinateur isolé à la campagne qui s’efforce de renouer les liens avec ses enfants après avoir été diagnostiqué bipolaire. Ce récit s’inspire de la vie de l’auteur lui-même.

Publié le 28/10/2026 à 15:31
Temps de lecture : 2 min

L'auteur de bande dessinée Manu Larcenet. (JEAN-BAPTISTE QUENTIN / MAXPPP)
L’auteur de bande dessinée Manu Larcenet. (JEAN-BAPTISTE QUENTIN / MAXPPP)

Le retour de Manu Larcenet

L’événement bande dessinée d’octobre est la sortie du dernier ouvrage de Manu Larcenet, après avoir connu un grand succès avec La route, publié il y a deux ans. Son nouveau livre, intitulé L’insensé, édité chez Dargaud, raconte l’histoire d’un vieil artiste qui, à la fin de sa vie, essaie de retrouver ses enfants.

Bien que le récit soit morose, l’auteur diffuse un enthousiasme contagieux. « J’ai du mal à parler du livre parce que je l’aime beaucoup celui-là. Contrairement aux autres, je l’aime beaucoup celui-là », déclare-t-il avec sérieux. Le personnage principal, Francis, est un dessinateur qui vit à la campagne et se sent parfaitement bien dans sa solitude.

« Mon paradis perdu à moi, c’est la Mayenne, pendant les grandes vacances. »

Manu Larcenet, auteur de BD à franceinfo

Une vie à la campagne

Francis connaît un mode de vie qui reflète celui de Larcenet lui-même. « C’est-à-dire une sorte de liberté. Je courais à la campagne, j’allais à la rivière, je regardais les vaches, j’aidais à traire. Deux mois par an, j’étais heureux. Donc je m’étais dit que je ferais du dessin dans une maison à la campagne, avec pas de voisins. Finalement, c’est ce que je fais et c’est la vie que j’ai donnée à Francis parce que lui et moi partageons beaucoup de choses », explique-t-il.

La nature est omniprésente dans son œuvre, éclatante à chaque page. « Cet été, il a fait tellement chaud. Le ciel, je ne sais pas si vous vous rappelez, était bleu. Un bleu, un truc qui faisait mal. C’est la couleur que j’ai retrouvée pour la couverture. Il y a des idées qui viennent par les oiseaux. Il y a plein de petites choses comme ça qui peuvent venir nourrir un récit qui, s’il n’y avait pas ces choses-là, durerait deux lignes », observe Larcenet.

À noter, un rendez-vous hebdomadaire avec un enfant du voisinage, qui inspirent des dessins de petits chats chaque semaine. « À l’origine, c’est un livre sur les habitudes, sur la routine parce qu’ils s’échangent le petit chat, puis c’est fini. Mais ça suffit comme relation. Ce n’est pas la peine de partir faire des vacances ensemble. Ça suffit un dessin par semaine », considère-t-il.

« Ce qui me reste de mon enfance, c’est presque des choses comme ça, très ponctuelles, qui me touchent. »

Manu Larcenet, auteur de BD à franceinfo

Des thématiques personnelles

Francis partage également un diagnostic bipolaire avec Larcenet. Cela a éloigné le personnage de ses enfants, même si aujourd’hui, il suit son traitement. « Quand j’étais un petit garçon et que je disais aux adultes que je ne me sentais pas bien, je chouinais, je pleurais… j’ai cru les adultes quand ils disaient : ‘Cela ira mieux quand tu seras plus grand’. Une fois qu’on a compris que tout ça est incurable, il faut après se dire j’ai un traitement et il faut le suivre. J’ai eu peur que ça empêche la créativité, mais en fait pas du tout. En deux semaines, ça change la vie et j’ai commencé à les prendre à 34 ans. Quel gâchis », souffle-t-il.

Dans L’insensé, Manu Larcenet se livre comme jamais, offrant un torrent d’émotions dans lequel nous devrions plonger.



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