Une opération mains propres pour éliminer les adversaires alors que le président chinois, Xi Jinping brigue un quatrième mandat. Publié le . Temps de lecture : 2 min.
/2026/10/30/6ae43479eda02809220941.jpg)
La Chine, ou le Parti communiste, resserre les rangs et le boulon sans doute pour préparer le terrain en vue d’un nouveau mandat de Xi Jinping. Réuni sous la présidence de Xi Jinping, le plénum du Comité central du parti s’est achevé le jeudi 29 octobre. Comme le veut la tradition, les 300 membres se sont réunis à huis clos dans un hôtel à l’ouest de Pékin. Ce type de réunion est toujours un moment clé qui révèle les rapports de force internes et les grandes orientations du pays.
Le quatrième mandat en perspective
Pour Xi Jinping, c’est surtout l’occasion de renforcer son pouvoir dans la perspective de la grande messe du parti, le 21e congrès, qui aura lieu en 2027. Il brigue un quatrième mandat, une ambition possible grâce à la suppression dans la Constitution de la limite à deux mandats introduite par le réformateur Deng Xiaoping après la mort de Mao.
Lutte anti-corruption : un outil politique
Les autorités justifient leur serrage de vis dans leur lutte anti-corruption. La propagande officielle évoque « l’approfondissement de la gouvernance intégrale et rigoureuse du Parti », selon les mots de l’agence de presse Chine Nouvelle. C’est, autrement dit, la poursuite des purges. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, Xi Jinping mène une vaste campagne anti-corruption au sein du parti et de l’administration. Le mouvement est approuvé et jugé nécessaire par l’opinion publique chinoise. Mais, au fil des ans, on a vu que l’opération mains propres était aussi une arme pour éliminer ses adversaires. Ce phénomène est sans doute le signe que le numéro un chinois craint la contestation de son pouvoir. Quand il fustige dans ses discours les fonctionnaires hypocrites qui « résistent » intérieurement, qui prônent « l’individualisme » et font preuve « d’opportunisme politique », il envoie des signaux pour que tout le monde rentre dans le rang.
Un contrôle accru sur l’armée
L’armée en particulier est dans son viseur. La hiérarchie militaire a été périodiquement purgée. Sur les 44 militaires nommés au Comité central en 2022, seuls deux d’entre eux n’ont pas été écartés ou n’ont pas disparu. La Commission militaire centrale (CMC), organe du parti qui contrôle l’armée populaire, censée compter sept membres, est aujourd’hui réduite à deux personnes : Xi Jinping et un général.
La gestion de la contestation
Après l’histoire de Kylian Mbappé, sanctionné pour s’être moqué de Mao Zedong, on comprend que le pouvoir a envie de tout contrôler. Xi Jinping souhaite montrer qu’il est l’héritier de Mao. Son père était d’ailleurs un des compagnons de route du Grand Timonier et un des fondateurs de la République populaire de Chine en 1949. L’affaire Mbappé est l’occasion pour lui de fédérer les Chinois autour de Mao, père de la nation. Ceci survient alors que la Chine traverse des turbulences économiques, avec l’éclatement de la bulle immobilière, un taux de chômage en forte augmentation et une croissance insuffisante pour garantir la stabilité sociale du pays, et donc celle du Parti communiste et la légitimité de son secrétaire général, Xi Jinping. La Chine a toutefois déclaré qu’elle prenait au sérieux les excuses de Kylian Mbappé, mais on ne sait pas si cela suffira à limiter les conséquences.