Dimanche 1er novembre, la 13e édition de la Route du Rhum va être lancée. Certains des favoris révèlent leurs secrets pour bien dormir en pleine navigation.
Un défi de repos en pleine mer
Il faut imaginer l’Atlantique comme une autoroute où 90 km/h est une vitesse folle vers la Guadeloupe. Lors de la Route du Rhum 2026, Armel Le Cléac’h se donne une petite semaine pour y arriver. Pour cela, il prévoit un sprint de 6 jours et 5 nuits, pendant lequel il fera des microsiestes de 5 à 20 minutes dans un vacarme incessant. Encastré dans son siège de veille, il somnole avec une alarme efficace loin de lui. « Je peux vite me lever et hop ! Le fait de se lever, d’appuyer sur le réveil pour éteindre, déjà on s’est mis debout, on est en action. Ça y est, notre cerveau s’est déjà remis dans la course », explique-t-il.
La gestion du sommeil
S’allonger est indispensable pour bien récupérer. Au total, cela nécessite entre 3 et 5 heures de repos par tranche de 24 heures, mais pas plus. « Si on dort trop, on risque d’être un peu moins vigilant sur la vitesse du bateau, sur la bonne tactique, la bonne stratégie », détaille le vainqueur du Vendée Globe 2017. Pour faciliter son sommeil, le skipper utilise des techniques d’imagerie mentale. Un souvenir apaisant l’aide à s’endormir, comme se voir jouer au golf. « Je vois mon sac de golf, je vois l’environnement dans lequel je suis à l’aise. En général, je n’ai même pas besoin de taper un coup, ça me suffit à m’endormir rapidement. »
Les stratégies de relaxation
Dormir peu, mais bien, est un défi pour beaucoup. « Une sieste de 15 minutes, ça m’arrive de temps en temps, mais là, pour naviguer, non pas du tout », sourit un passant.
Charles Caudrelier, pour sa part, prévoit de voler jusqu’à Pointe-à-Pitre sur son nouveau maxi trimaran de 19 tonnes. Vainqueur en 2022, il se relaxe en travaillant sa respiration. « Le principe, c’est que tu fais une grande inspiration de quelques secondes, tu bloques le même nombre de secondes, tu expires le même nombre de secondes. Ça marche très bien, en une ou deux minutes, tu arrives vraiment à te détendre et à te décompresser », assure-t-il.
Les dangers de la fatigue
Dans sa banette, il garde un œil sur ses instruments et optimise son temps de sommeil. Cependant, la fatigue entraîne des dangers, comme les hallucinations. « Ça m’est arrivé à la barre quand j’étais très fatigué, j’avais l’impression d’être sur un cheval dans la forêt en train de zigzaguer. Dans mon rêve, j’évitais les arbres à cheval, je ne sais pas pourquoi. Et ça, ça avait été en allant très loin », se souvient-il. En 2018, une panne de réveil avait coûté la victoire à Alex Thomson, échoué sur les rochers de Pointe-à-Pitre. Les skippers sont donc prévenus : il vaut mieux dormir et rester lucide pour décrocher la lune.