Sur TikTok, des internautes font écouter « Bad Times » à leur mère, et le verdict est sans appel : elles adorent. Sauf que ce tube a été généré par intelligence artificielle. Ce test met en lumière une véritable fracture entre les générations.
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Mayday, mayday, ceci est un test. Lancez le morceau Bad Times signé Imael Angel. Vous ne pouvez pas vous retenir de bouger la tête en écoutant ce morceau ? Pire : vous vous déhanchez sans pouvoir vous retenir. Désolée, mais vous êtes officiellement une daronne.
Je m’explique : ce morceau de l’enfer s’appelle Bad Times. Deux minutes quarante-huit d’électro bien grasse. Depuis septembre, sur TikTok, c’est devenu un test générationnel. Des internautes se filment en le faisant écouter à leur mère. Et là, la sorcellerie opère. Les daronnes adorent. En commentaire : « Mon père l’a mis en sonnerie », « ma mère l’écoute à fond dans la voiture ».
Dans ce tube écouté en boucle par les plus de 40 ans, il y a Imael Angel, une thérapeute hongroise. Sur Instagram, elle se présente sous le nom de Bernadett Gángó. On la reconnaît à son carré blond ondulé, une madame tout le monde qui pratique le Reiki (un soin énergétique) depuis la Hongrie.
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Pour Bad Times, elle écrit les paroles, l’intelligence artificielle fait le reste, voix comprise. La plateforme Deezer présente Imael Angel comme « une artiste, créée avec l’intelligence artificielle par un producteur hongrois de deep house. »
Et Imael Angel n’en est pas à son coup d’essai. Un autre de ses titres a séduit le DJ marseillais Hugel, qui l’a réenregistré avec la chanteuse de House des années 1990, Ultra Naté. Résultat : Movin’ to the Sun, 455 millions d’écoutes sur Spotify, l’un des tubes de l’été.
D’abord, la génération Z a le réflexe du doute quant à la musique qu’on lui met dans les oreilles. Dénoncer la place grandissante de l’IA dans l’industrie musicale est devenu une conviction, tant pour la planète que pour les vrais artistes. Se moquer des parents fans, c’est réaffirmer ses valeurs.
Mais pourquoi cela fonctionne-t-il chez les plus âgés ? L’IA produit de la moyenne. Un mélange ultra lisse des tubes qui ont très bien marché. Et cette moyenne plaît à tout le monde ; l’industrie l’a bien compris. Le 13 novembre, Los Angeles accueillera les AI Music Awards, des Victoires de la musique réservées aux chansons artificielles. Et dans la salle, les daronnes ne seront pas les seules à taper du pied.