Tous les jours, une personnalité s’invite dans le monde d’Élodie Suigo. Lundi 2 novembre 2026, l’auteur, compositeur et interprète Asaf Avidan sera en concert à La Seine musicale, les 18 et 19 novembre prochains.
Publié le 02/11/2026 à 10:51
Temps de lecture : 3 min
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Il existe des chansons qui attendent des années avant de voir le jour, tout comme il y a des voix qui prennent leur temps pour se faire entendre. Asaf Avidan a connu ces deux expériences. À 26 ans, alors que tout semblait s’effondrer autour de lui, il a débuté sa carrière musicale car il n’avait plus d’autre moyen d’exprimer ses émotions. De cette vulnérabilité est née une des voix les plus touchantes de la musique contemporaine.
En France, Asaf Avidan se fait connaître du grand public en 2012 avec One Day | Reckoning Song, une chanson qui devient un immense succès grâce à un remix électro. Le 15 novembre 2026, il sort Lost Ballads, un EP dans lequel il ressuscite des chansons écrites au cours des dix dernières années. Des morceaux qui n’ont jamais trouvé leur place, mais qui ont refusé de disparaître.
Une introspection musicale
franceinfo : Avec Summer Rain, vous racontez deux êtres que tout attire mais qui semblent condamnés à se séparer. Qu’est-ce que ces chansons savaient de vous que vous n’étiez peut-être pas encore prêt à entendre ?
Asaf Avidan : En tant qu’artiste progressiste, j’ai accumulé, au fil des ans, beaucoup de matériels qui n’ont jamais été sur mes albums, que ce soit esthétiquement ou thématiquement.
« La plupart du temps, je travaille d’une manière qui tue les chansons avant qu’elles ne naissent. »
Si quelque chose ne m’émeut pas, ça disparaît dans le néant. J’ai donc décidé de laisser ces chansons respirer un peu et de m’exposer de manière diversifiée.
Une identité globale
Dans Prelude to diaspora, vous transformez une ville en métaphore de l’être humain. Né à Jérusalem, ayant grandi en Jamaïque, puis en Italie et en France en fonction des affectations de vos parents diplomates, ressentez-vous que ces voyages ont influencé votre sentiment d’appartenance ?
Malheureusement, je ne me sens nulle part chez moi, mais cela ne me semble pas triste. Je suis libéral et engagé envers l’égalité, je crois que toutes les personnes, quelles que soient leurs ethnies, sont égales. Enfant, vivre dans des environnements variés m’a conduit à ne plus voir les différences. Cela m’a marqué non seulement politiquement et philosophiquement, mais aussi musicalement, en m’exposant à différents genres musicaux. Je refuse les barrières strictes et fictives entre les choses.
Confrontation avec la mortalité
À 21 ans, vous avez été confronté à un cancer. Comment cette expérience a-t-elle modifié votre perception de la vie ?
Cette épreuve a renforcé ma prise de conscience de la fragilité de la vie, que j’avais déjà ressentie enfant. J’ai expérimenté une séparation avec moi-même, me sentant comme un observateur conscient entre mon corps et mon esprit. Mon corps se retournait contre moi, me poussant à réaliser que je devais apprécier la vie tant qu’elle était là.
Les facettes de la personnalité
Votre voix chantée semble très différente de votre voix parlée. Laquelle de ces deux facettes correspond le mieux à votre véritable identité ?
J’aimerais bien le savoir. Quiconque prétend connaître sa véritable identité est loin d’en saisir la complexité. Je pense que déterminer qui nous sommes est un voyage sans fin.
« Cette version de moi est une interprétation plus orchestrée par rapport à la version sur scène. »
Sur scène, j’aspire à exprimer le spectre infini de l’expérience humaine, cognant contre certaines normes sociales, avec une étiquette à respecter. Je ne suis pas sûr que cela soit plus vrai, mais c’est tout ce que je peux dire.
Un défi à La Seine Musicale
Les 18 et 19 novembre, vous serez accompagné de l’Orchestre Lamoureux. Est-ce un défi de taille pour vous ?
Le défi est inversé de ce que les gens imaginent. Avoir une quarantaine de musiciens n’est pas le problème ; c’est comment ne pas laisser le spectacle écraser l’intimité et l’honnêteté de la performance. Ce que je dois transmettre au public, c’est la sincérité.