Pondichérie, ancien comptoir tricolore rendu à l’Inde en 1954, est la plus française des villes indiennes. Les traces de la présence française y demeurent encore visibles.
Le Frisson de l’Histoire
Sur les rives de l’océan Indien, un air de Midi flotte à 8.000 km de la France. À Pondichérie, ces pêcheurs se retrouvent chaque soir pour jouer à la pétanque, un sport importé par les colons français et devenu une institution locale. La ville compte plus de 3.000 boulistes. « Ça fait 100 ans qu’on joue à la pétanque ici. C’est un sport très facile, tout le monde peut y jouer. Il n’y a pas besoin de terrain spécifique ou de prendre des cours. Il suffit d’avoir des boules, et on peut jouer », confie Alice Androus, joueur de pétanque.
Un Passé Colonial Marquant
Dans le territoire colonisé au XVIIe siècle, la France a laissé des marques de son passage. Certaines sont discrètes, au détour des rues, d’autres plus profondes. Une histoire que ce guide connaît par cœur. « Voici le consulat de France. En 1954, quand Pondichérie a été rendue à l’Inde, la France a proposé aux habitants de devenir français. Ceux qui étaient intéressés sont venus ici, ils se sont enregistrés et ont obtenu un passeport », explique Dhinesth Keerth.
Identité et Héritage
Sept ans après l’indépendance de l’Inde, Pondichérie intègre le pays. Seuls 5.000 habitants choisissent alors la nationalité française. Aujourd’hui, leurs descendants sont toujours là. Comme Ashok Touyavan et son fils Rishi. À l’époque, son grand-père a opté pour la France. Trois générations plus tard, ce choix reste une fierté. Les souvenirs des nombreux voyages dans leur pays s’affichent partout dans la maison.
« Vous avez les tours Eiffel, les verres de l’équipe de football de Saint-Étienne, dont je suis fan. Même les courses, je les fais avec le sac. On est dans une maison indienne typique qui a plus de 100 ans, où l’on a plein de références françaises. Ça, c’est vraiment Pondichérie. C’est vraiment les franco-pondichériens. Ils sentent ça dans leur sang et vivent avec, c’est une fierté », confie Ashok Touyavan, franco-pondichérien.
Une Communauté Évolutive
Aujourd’hui, beaucoup de Franco-pondichériens se sont installés en France. Ils ne sont plus que quelques milliers dans la ville, mais cette petite communauté reste très attachée à la langue française. Cette langue se transmet au lycée français fondé il y a deux siècles. Plus de 400 élèves y sont scolarisés, de la maternelle à la terminale.
Futur et Ambitions
Dans une classe de CM1, la plupart des élèves sont Français, mais avant d’arriver ici, beaucoup parlaient uniquement le tamoul, la langue locale. « Ils sont français par héritage, comme on dit. C’est-à-dire qu’ils ont cette nationalité française, mais ils ont une culture entièrement tamoule. Ils vivent à Pondichérie et ont cette ambition de venir au lycée français pour aller en France, travailler en France », explique Aude-Sophie Houlette, la directrice de l’école primaire de Pondichérie.
Pondichérie se vit comme l’histoire l’a façonnée : une ville aux deux cultures.