Cette colonie fait partie de plusieurs territoires évacués en 2005 mais réinvestis par des extrémistes israéliens, avec l’aval des autorités. À Homesh, l’armée israélienne a installé une imposante base militaire.
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Une condamnation commune d’une vingtaine de pays, dont la France, l’Arabie saoudite et le Qatar, vise la politique israélienne en Cisjordanie. Le communiqué évoque une « annexion de facto inacceptable ». Dans ce contexte, des colonies évacuées en 2005 par l’ancien Premier ministre ont été réinvesties par des extrémistes avec l’aval des autorités. C’est le cas d’Homesh, situé dans le nord de la Cisjordanie, entre Jénine et Naplouse. Ce reportage propose une immersion rare dans cette colonie réoccupée depuis quelques semaines par une quinzaine de familles.
Pour entrer à Homesh, il faut passer un barrage, sans évidemment préciser que nous sommes journalistes, puis serpenter sur de petites routes pour atteindre le sommet de la colline. L’armée y a installé une imposante base militaire. En contrebas, une crèche a ouvert en septembre dernier ; 18 enfants sont présents ce jour-là, dont le fils d’Ayelet, le petit Yaakov. Il est environ 15 heures, c’est « l’heure des mamans ». « Ça fait 20 ans qu’on attendait qu’on nous rende Homesh », raconte l’une d’entre elles. « Pendant une décennie, j’ai habité à côté. Tous les matins, mon mari venait ici pour étudier la Torah à l’école religieuse jusqu’à ce qu’on nous autorise à revenir dans cet endroit qu’on nous avait volé. Et demain, comme ici à Homesh, nous irons au Liban, en Syrie et à Gaza dans nos colonies du Gush Katif. »
Pendant 20 ans, l’armée israélienne a régulièrement et violemment évacué les fanatiques nationalistes et religieux qui tentaient de se réinstaller à Homesh. Il y a moins d’un an, leur obstination a payé puisque le gouvernement le plus à l’extrême droite de l’histoire d’Israël a légalisé Homesh comme 21 autres colonies, qui demeurent évidemment illégales au regard du droit international.
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Depuis, une route goudronnée dessert une quinzaine de préfabriqués tout juste installés. Ils sont reliés à l’eau et à l’électricité. Ruth, son mari et ses deux filles sont assis dans leur canapé flambant neuf, entourés de livres religieux. « Le peuple d’Israël a compris depuis le massacre du 7-Octobre que nous étions partout chez nous, explique cette mère de famille. Nous devons le revendiquer et le clamer haut et fort : cette terre est à nous. C’est le seul moyen de remporter la victoire. Sinon, nos ennemis profiteront de nos faiblesses. » La maison de Ruth surplombe plusieurs villages palestiniens. Les attaques de colons sont régulières et Homesh est désormais une base pour les éléments les plus violents.
Homesh, cette colonie israélienne, devient ainsi un symbole fort de l’annexion de facto de la Cisjordanie, reflet des tensions persistantes dans la région. Reportage de Thibault Lefèvre.