Imported Article – 2026-02-26 06:22:31






Les tensions autour de l’alcool au Salon de l’agriculture

« Nombreuses tentations », prévention, sensibilisation… Alors qu’une rixe survenue ce week-end entre exposants et visiteurs suscite la polémique, comment les exposants qui commercialisent vins, bières et spiritueux réagissent-ils aux consommations excessives et aux « débordements » ?

La vie quotidienne au salon

Peu après midi au sein du pavillon des produits régionaux, au milieu des odeurs de fromage et de charcuterie, on peut voir de nombreux visiteurs lever le coude. « Je viens de goûter une petite liqueur », explique Marie, un verre à la main. « Personne ne nous force à boire, je pense que c’est une question de responsabilité personnelle. Personnellement, je sais que je vais m’arrêter là », assure-t-elle.

« Du champagne, du rhum… Il y a quand même de nombreuses tentations, l’alcool est partout. Moi, je n’en bois jamais. Quand les gens consomment trop, ils ne sont plus eux-mêmes », juge Françoise, une autre visiteuse.

Au sein du pavillon des produits régionaux, on compte de nombreuses buvettes.
Au sein du pavillon des produits régionaux, on compte de nombreuses buvettes. • © Pierre de Baudouin

Les excès observés

Gilles, croisé un peu plus loin, déplore également les « excès ». « Certains se croient permis. Les abus coûtent cher à la société, il faut savoir s’arrêter quand il le faut », commente-t-il. « Des gens un peu désinhibés, euphoriques, on en croise de temps en temps. Mais avec le temps, j’ai le sentiment que l’alcool est moins présent. Il y a 40 ans, il y avait plus de dégustations », nuance pour sa part Michel, qui en est à sa 20e édition. Philippe, qui l’accompagne, trouve aussi qu’il y a « plus de sensibilisation aujourd’hui, avec des messages affichés un peu partout ». « Restons modérés », peut-on lire en entrant dans chaque hall.

Du côté des exposants, Alexis Madelin, fondateur d’une brasserie en Bourgogne, et par ailleurs vigneron, dit redoubler de vigilance « les journées où il y a plus d’affluence ». « On essaie de sensibiliser. Des gens de la sécurité tournent donc quand quelqu’un n’est pas du tout en état, il est conduit vers la sortie. Et ceux qui abusent, on les repère tout de suite, avec les problèmes d’élocution par exemple. On arrive facilement à les gérer, on leur propose de l’eau », affirme-t-il.

L'un des bars du salon, au sein du hall 7.
L’un des bars du salon, au sein du hall 7. • © Pierre de Baudouin

Violence lors de l’événement

Alors qu’une violente altercation est survenue samedi entre des exposants et des visiteurs alcoolisés selon les témoignages relayés par la presse, Alexis Madelin déplore un événement « dramatique ». « Il y a eu des provocations et de l’alcool, c’est parti vraiment loin. C’est scandaleux, ça fait tâche pour tous les autres stands. Ce genre de polémique fait baisser la fréquentation, ça dessert l’image du salon », pointe-t-il du doigt, tandis qu’un communiqué des organisateurs a condamné « avec la plus grande fermeté » un « incident isolé ».

« Des visiteurs cherchent vraiment l’ivresse. D’autres ne font pas attention en passant un bon moment, et ça monte vite », raconte pour sa part Monica Monteiro, chargée d’œnotourisme à la Fruitière Vinicole d’Arbois, à la buvette du stand du Jura. « Le week-end, c’est un public plus jeune et moins familial, qui vient faire la fête. On gère ça comme on peut, on essaie d’éviter les débordements », explique-t-elle.

Un message affiché devant un bar du salon.
Un message affiché devant un bar du salon. • © Pierre de Baudouin

Des mesures de prévention

« Les comportements déplacés sont rares, mais quand on doit y faire face, il ne faut pas se laisser intimider. Je suis une jeune femme dans le domaine viticole, qui est un monde particulier, donc je sais m’affirmer. Il faut rester pro et ferme, en s’adaptant à la personne en face. Ceux qui ont juste mauvaise haleine, ceux qui sont carrément agressifs… On est là pour vendre, c’est sûr, mais on se réserve le droit d’arrêter de servir le client avant qu’il ne tombe sur le bar », ajoute-t-elle.

Monica Monteiro salue d’ailleurs la présence de « jeunes qui distribuent de l’eau gratuitement en passant dans les halls ». Sur leur site, les organisateurs du salon mettent en avant ces équipes de « désöiffeurs » ainsi que d’autres démarches de prévention.

Loin des bars et des restaurants, le stand des Cidres de France, situé dans un autre hall, propose des dégustations. « Ce sont des petits verres pour faire découvrir les arômes, c’est raisonnable et bon enfant », indique Laurent Guillet, directeur commercial de la cidrerie Kerisac en Bretagne et président du Syndicat national des transformateurs cidricoles (SNTC).

Un message de prévention visible à l'entrée d'un hall.
Un message de prévention visible à l’entrée d’un hall. • © Pierre de Baudouin

Un festival festif mais pas sans conséquences

« Le Salon de l’agriculture, c’est un événement festif autour des produits régionaux, parfois de l’alcool. Comme pour toute manifestation de cette ampleur, il y a des gens qui vont un peu trop loin. Ce sont les comportements extrêmes qui posent problème. Mais ça me semble sporadique par rapport aux très nombreux visiteurs présents », estime-t-il.

Alors que les organisateurs déplorent une chute d’un quart de la fréquentation habituelle cette année en raison de l’absence de vaches, l’événement a attiré plus de 600.000 visiteurs lors des dernières éditions.

Salon de l’agriculture 2026

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