Plus de 51.000 personnes ont été arrêtées lors des manifestations de janvier en Iran. Le nombre de condamnations à mort n’a jamais été aussi élevé depuis 1980 : 1.500 en 2025, selon les estimations de l’ONU.
Publié le 26/02/2026 à 07:09
Temps de lecture : 3min
/2026/02/26/000-32lj8b3-699fe1695cf8d572468032.jpg)
« Parmi les 30 personnes qui risquent la peine de mort » en Iran, « deux sont mineures », alerte Marie-Laure Geoffray, chargée de plaidoyer à Amnesty International France, au micro de la Rédaction internationale de Radio France jeudi 26 février.
Plus de 51.000 personnes ont été arrêtées et 6.955 ont été tuées, pour la plupart des manifestants, lors des manifestations de janvier contre le régime iranien, d’après un décompte de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis. Depuis, les procès se sont enchaînés en Iran. « C’est très inquiétant parce que les paroles du chef du pouvoir judiciaire semblent être suivies d’effet, il avait réclamé des procès rapides et sans clémence », relate Marie-Laure Geoffray.
D’après les chiffres d’Amnesty International, au moins 30 personnes se trouvent dans le couloir de la mort. Huit ont été officiellement condamnées, 22 autres risquent de subir le même sort et parmi elles, deux sont mineures. Pourtant, « le droit international interdit formellement l’exécution de personnes mineures », rappelle Marie-Laure Geoffray, qui évoque une « préoccupation énorme » pour son ONG.
Amnesty International s’inquiète également des faits de torture et de mauvais traitements, « parce que les personnes sont condamnées après être passées aux aveux qui ont été obtenus sous la contrainte, la torture », affirme la chargée de plaidoyer au sein de l’ONG qui défend les droits humains. Elle souligne que « les conditions dans les prisons iraniennes sont unanimement connues pour être déplorables. »
Face à l’opacité du système judiciaire iranien, les informations sur les conditions de détention et les faits reprochés à ces personnes arrêtées sont difficiles à obtenir. « Il y a des centaines de personnes qui sont détenues comme ça, au secret, les familles n’ont pas d’informations », qui sont « distillées au compte-gouttes par les autorités », poursuit Marie-Laure Geoffray.
Aucune preuve de vie ni de preuve d’exécution concernant ces personnes n’est disponible. Le régime iranien est connu pour exécuter secrètement les condamnés à mort. Ce qui « inquiète particulièrement » Amnesty International, « c’est ce qu’on appelle les disparitions forcées, c’est-à-dire qu’il y a des personnes dont on ne sait même pas si elles sont vivantes ou mortes », explique Marie-Laure Geoffray. « Nous avons eu plusieurs cas de personnes dont les parents sont venus les chercher à la morgue et qui se sont révélées vivantes, détenues en prison. Il y en a une d’entre elles qui aujourd’hui risque d’être condamnée à mort, mais ses parents pensaient déjà qu’elle était décédée », raconte-t-elle.
Amnesty International affirme que le nombre de condamnations à mort en Iran n’a jamais été aussi élevé depuis les années 1980. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme estime qu’au moins 1.500 personnes ont été exécutées en Iran en 2025, et observe que « l’ampleur et le rythme » de ces exécutions « évoquent un recours systématique à la peine capitale comme outil d’intimidation de l’État. »