Les femmes ont besoin davoir des discours fiables : 70 ans de lutte du Planning familial pour la






Le Planning Familial à Paris

À Paris, le Planning familial reçoit chaque jour des dizaines d’appels de femmes qui ont besoin de conseils et d’écoute au sujet de la contraception ou de l’avortement. Bien que le droit à l’avortement soit désormais inscrit dans la Constitution, le Planning familial continue de se battre pour mener à bien sa mission.

Un service d’écoute et de soutien

« Le planning, bonjour. Vous vous souvenez du premier jour de vos dernières règles ? », questionne Vaena, animatrice de prévention au Planning familial au téléphone. « Le 19 janvier », lui répond la voix par le combiné. « Ok, alors je fais juste le petit calcul. Oui, effectivement, vous êtes en dessous de sept semaines d’absence de règles et on peut faire la méthode par médicament jusqu’à neuf semaines d’absence de règles », lui explique l’animatrice.

Au Planning familial, l’accueil comme les consultations sont gratuits et l’anonymat est préservé, en particulier pour les jeunes filles mineures. « Ce qui est important pour nous, c’est d’offrir un espace d’écoute pour les personnes qui en ressentent le besoin. Quand une personne nous appelle, on est vraiment là pour donner les informations et pour que les personnes puissent elles-mêmes choisir de quoi elles ont envie », avance Vaena.

Un engagement historique

Le Planning familial a été fondé en 1956. À l’époque, ni la contraception ni l’avortement n’étaient autorisés. Le Planning s’autoproclame « la maternité heureuse ». Les ravages des avortements clandestins sont dénoncés par certains médecins. « Tous les gynécologues, tous les médecins connaissent les perforations, les septicémies, le tétanos, etc. Toute cette quincaillerie de malheur qu’on peut trouver dans des utérus », déclarait à cette époque le Dr Henri Fabre, cofondateur du Planning familial.

Soixante-dix ans plus tard, les mœurs et les lois ont changé. Le droit à l’avortement figure désormais dans la Constitution. Cependant, le Planning familial continue de se battre contre les coupes budgétaires de ses financeurs et surtout pour des droits qui ont toujours besoin d’être défendus.

Les défis actuels et l’éducation

« Les femmes ont besoin d’avoir des discours fiables, scientifiques et pas des discours anti-choix qui seront fondés sur de fausses références et qui vont empêcher les femmes d’avorter. Aussi, surtout, avoir accès à l’éducation à la sexualité », affirme Caroline Rehbi, animatrice gestionnaire du Planning familial 75.

« Par l’information, on pourra faire ses propres choix et avoir accès à tous les services de santé sexuelle et surtout lutter contre les violences sexistes et sexuelles », ajoute Caroline Rehbi.

Chaque année, 10.000 femmes sont reçues dans ces trois centres parisiens et le Planning intervient aussi dans les établissements scolaires.

Reportage de I. Dupond, M. Taphnil, C. Brunet et O. Razatsimba, ICI Paris Île-de-France.



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