Craignant le déclassement du championnat français à l’échelle européenne, sept dirigeants de clubs de première division ont signé une tribune, mercredi.
France Télévisions – Rédaction Sport
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Dans une tribune publiée mercredi 10 mars, sept dirigeants de Ligue 1 ont appelé « les pouvoirs publics à accélérer la nécessaire et urgente réforme de la gouvernance du football professionnel français ». Guillaume Cerutti (Rennes), Pierre Ferracci (Paris FC), Michele Kang (OL), Franck McCourt (OM), Joseph Oughourlian (RC Lens), Jean-Michel Roussier (Le Havre) et Bernard Serin (Metz) demandent au gouvernement d’inscrire la proposition de loi portée par les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin, adoptée à la quasi-unanimité par le Sénat en juin 2025, à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.
Le texte vise à encadrer la gouvernance des ligues et de leurs sociétés commerciales, à lutter contre les conflits d’intérêts, à plafonner certaines rémunérations, à combattre le piratage ou encore à fixer un écart maximum de un à trois (contre 1 à 30 actuellement) dans la redistribution des revenus liés aux droits TV. Si le projet ne passe pas à l’ordre du jour prioritaire d’ici juin, son application sera repoussée à la saison 2027-2028.
L’effondrement des droits TV, qui représentaient le revenu principal des clubs de Ligue 1, expose le football français à un risque de « déclassement » selon les signataires, qui citent un rapport de l’UEFA publié le mois dernier montrant le décrochage de la France face à l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie. « Notre message, c’est de dire attention, plus on attend, plus la situation va se dégrader, et on ne peut pas se permettre de voir cette situation continuer à se fragiliser, parce qu’on craint qu’il y ait des clubs qui puissent être vraiment soit en cessation de paiements, soit à vendre, soit en dépôt de bilan », a déclaré le sénateur Michel Savin à franceinfo: sport.
La proposition de loi veut permettre « la création d’une société de clubs, sur le modèle de ce qui existe déjà dans plusieurs grands championnats européens. Cette évolution est indispensable pour professionnaliser la gestion des droits audiovisuels et repenser la stratégie de valorisation de notre championnat auprès du public et des diffuseurs ». Elle souligne aussi implicitement le rôle de Nasser al-Khelaïfi, à la fois président du Paris Saint-Germain et de la chaîne beIN Sports, co-diffuseur de la Ligue 1 et en plein tourbillon judiciaire avec elle depuis 2021. Cette dernière a été condamnée en janvier à verser 15 millions d’euros au groupe LFP Media.
« Le sport professionnel français traverse une période charnière, notamment dans le foot, avec des crises qui sont récentes, avec la mise en lumière de failles structurelles, une gouvernance qui est défaillante, un déséquilibre financier et des pertes importantes qui se cumulent chaque année, des conflits d’intérêts. Cette proposition vise à restaurer un cadre plus éthique, plus transparent et performant », soutient Michel Savin.