La France est-elle devenue une cible pour l’Iran ? La question est légitime après la mort d’un soldat au Kurdistan irakien. Six autres militaires ont été blessés jeudi 12 mars, après une attaque de drones Shahed sur une base de la région d’Erbil.
Un drame militaire
Il est 22h30, jeudi 12 mars. Un drone vient de s’abattre sur un camp militaire. Les flammes témoignent de la violence de la frappe. Dans le bâtiment, ils étaient neuf soldats français, six sont blessés, et un touché mortellement. Il était adjudant-chef en opération au nord de l’Irak. Arnaud Frion, 42 ans, est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Dans la matinée de vendredi, une équipe de France Télévisions a pu accéder à la base, située à 40 km de la capitale dans la région de Makhmour (Irak). Le bâtiment où se trouvaient les Français est soufflé, éventré de toutes parts. À l’intérieur, tout a brûlé. On découvre ce que les militaires appellent la zone de vie : « C’est ici qu’ils mangent, c’est ici qu’ils se reposent. Après avoir fait la formation, ils étaient neufs. Les Peshmergas étaient un peu plus loin, donc manifestement, ils ont été visés. Et vous le voyez, les dégâts sont très impressionnants, » explique Dorothée Ollieric, envoyée spéciale sur la base militaire de Mala Qara (Kurdistan irakien).
Tout est allé très vite. Le général commandant de la base était sur place quand le drone Shahed s’est écrasé. « On a amené les blessés très vite à l’hôpital d’Erbil (Irak). Hélas, l’un des soldats français est décédé. C’était un grand soldat, courageux, qui a donné sa vie pour la démocratie, » commente le général Sirwan Barzani, commandant des Peshmergas sur le front Gwer-Makhmour. À quelques centaines de mètres du camp, un voisin est sous le choc : « On a eu peur, très peur. Les enfants étaient terrorisés et ont crié au secours. »
Un soutien de l’État
Arnaud Frion a été déployé en Irak pour former des combattants kurdes à la lutte antiterroriste. « Il est mort pour la France cette nuit lors d’une attaque lancée à proximité d’Erbil. Je veux aussi adresser tout mon soutien à nos militaires blessés, » a réagi Emmanuel Macron.
L’attaque n’a pas été officiellement revendiquée, mais un groupe armé pro-iranien s’adresse à la France : « Nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible. » La question de la protection de la base, notamment contre les attaques de drones, est désormais sur la table. Emmanuel Macron a demandé une analyse sur les circonstances de cette frappe.