Thrillers et polars : sept romans noirs à découvrir en mars 2026. El título no debe incluir



Le roman noir, en abordant des thèmes tels que le capitalisme décomplexé, le déterminisme social, l’adolescence meurtrie et l’enfance volée, s’attaque avec audace et lucidité aux grandes problématiques de notre société. Tour d’horizon de sept auteurs et autrices inspirés.

« Le temps des bêtes féroces » de Victor del Árbol : tant qu’il y aura des hommes

« Pendant des années, il avait participé avec son vieil ami Petrucci à des sortes de safaris où les proies n’étaient ni des éléphants ni des girafes, mais des humains ». Victor del Árbol continue d’explorer les noirceurs de l’âme humaine. L’écrivain espagnol n’a même pas besoin de solliciter son imagination pour nourrir son œuvre crépusculaire, marquée par des bribes d’humanité. Les safaris humains ont vraiment eu lieu en ex-Yougoslavie, où des hommes riches ont payé pour tuer des civils, se transformant en snipers protégés par leur statut et leur richesse. Le temps des bêtes féroces, thriller complexe et tentaculaire, commence par un délit routier, une jeune cycliste percutée volontairement par une voiture, avant de prendre des directions inattendues. Victor del Árbol jette un regard sans concession sur la société moderne et le capitalisme décomplexé, peuplé de prédateurs et de victimes. Dans cette arène d’ambitions insatiables, figure une équipe d’estropiés réparateurs de torts. Grâce à eux, l’humanité conserve une lueur d’espoir. Indispensable.

« Le temps des bêtes féroces », Victor del Árbol, traduit par Alexandra Carrasco, éditions Actes Sud, 395 pages, 23,80 euros

Couverture du livre
Couverture du livre « Le temps des bêtes féroces » de Victor del Árbol. (Editions Actes Sud)

« La colline » de Mathilde Beaussault : Monroe et les autres

Mathilde Beaussault ne souffre pas du complexe du second roman. Après le remarquable Les Saules, salué par la critique et récipiendaire de nombreux prix, dont le Grand Prix de littérature policière 2025, l’autrice bretonne revient avec un roman choral âpre, rude et charnel. « Un grand merci à ma sœur Frédérique, sage-femme. Ce récit a pris naissance grâce aux mots dans lesquels tu as enveloppé ce petit, jeté dans une poubelle rennaise », écrit-elle dans ses remerciements. Cet événement tragique donne naissance à un livre poignant et suffocant qui décrit la détresse d’une partie de la population. Édouard, un vieil homme à la retraite, descend la poubelle sur injonction de sa femme Mireille. Dans la benne, il entend un bruit aigu. Qui a bien pu jeter un bébé dans la benne commune ? Pourquoi ? Comment une telle extrémité est-elle possible ? La police s’empare de l’affaire. Entretemps, Monroe, dix-sept ans, s’écoule tel un flot de sang, incapable de recoller les morceaux de sa vie brisée. Sa seule oasis, la maison de sa grand-mère sur la colline. La Colline est un roman social noir intense et bouleversant. Profond et addictif. Coup de cœur.

« La colline », éditions du Seuil, 334 pages, 19,90 euros

Couverture du livre
Couverture du livre « La colline » de Mathilde Beaussault. (Editions du Seuil)

« Avant que tombe la nuit » d’Eva Björg Ægisdóttir : jamais sans sa sœur

« Cher Hebdo, Merco pour ton magazine, que j’adore. J’aimerais correspondre avec des garçons ou des filles âgés de treize à seize ans. Moi, j’ai quinze ans, j’aime beaucoup l’art et le cinéma. Avec mes remerciements, Kristin Karverlsdóttir ». Marsi, 14 ans, entretient une correspondance secrète avec un garçon qui vit à l’autre bout du pays, sous l’identité de sa sœur Stína, de deux ans son aînée. Le jour du rendez-vous avec son mystérieux amoureux, Marsi ne peut s’y rendre. L’anorak de sa sœur, taché de sang, est retrouvé sur place. Stina est introuvable. La disparition hante toute la famille, et Marsi vit dans la culpabilité. Dix ans plus tard, elle reçoit une lettre de son ancien correspondant, le temps se rétrécit et le passé vient exiger son dû. Dans ce roman psychologique où tout le monde ment, Eva Björg Ægisdóttir laisse exploser tout son talent de conteuse. L’autrice islandaise multiplie les fausses pistes et enchaîne les rebondissements avec brio. Avant que tombe la nuit, est un page-turner captivant.

« Avant que tombe la nuit », Eva Björg Ægisdóttir, traduit par Ombeline Marchon, éditions de La Martinière, 416 pages, 21,90 euros

Couverture du livre
Couverture du livre « Avant que tombe la nuit » d’Eva Björg Ægisdóttir. (Editions de La Martinière)

« Dernier sanglot » de Danielle Thiéry : le cri de Jimmy

« Jimmy se vit tout à coup tel qu’il était : seul et stupide dans sa combinaison intégrale et imperméable siglé « TCS », ganté et botté comme un astronaute, son masque à cartouche autour du cou ». Jimmy Liergue travaille pour la société Clean Total Services, chargée de nettoyer des scènes de crime ou des lieux laissés à l’abandon. Ce matin à Blainville, en région parisienne, le portail d’une maison lui résiste. Il enjambe le muret et découvre un « Diogène », des propriétaires qui gardaient tout et accumulaient. À l’écart, dans un sous-sol, « des cadavres le contemplaient ». Le passé resurgit, submergeant Jimmy de souvenirs traumatiques. Pour mener l’enquête, la commissaire Edwige Marion, personnage récurrent de Danielle Thiéry. Sa première enquête, Le sang du bourreau, remonte à trente ans. Cette fois-ci, elle se confronte à des décisions difficiles et irrémédiables, à des dilemmes existentiels. Une histoire qui pourrait mettre fin à la carrière d’Edwige Marion. Danielle Thiéry, première femme commissaire divisionnaire en France en 1991, plonge ses nombreux lecteurs dans une affaire complexe et
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