Exploration des profondeurs du détroit dOrmuz : là où le temps sest figé. El título no debe






Reportage dans le détroit d’Ormuz

Publié le

Temps de lecture : 3 min – vidéo : 3 min

Une équipe du 20 heures s’est rendue dans le fameux détroit d’Ormuz, centre névralgique, entre autres, du transport maritime mondial de pétrole. Si depuis le début de la guerre, l’activité est à l’arrêt et des centaines de bateaux attendent, quelques navires iraniens de contrebande font des allers-retours avec Oman.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


C’est une zone très difficile d’accès où les journalistes n’ont pas le droit de se rendre. Pour la première fois depuis le début de la guerre, nous avons réussi à embarquer depuis les côtes d’Oman pour nous rendre dans le détroit d’Ormuz. Un guide a accepté de nous emmener. Il ne doit pas être reconnu. Nous quittons le port de Khasab (Oman). Il n’y a pas de route. La mer est l’unique moyen pour remonter vers le détroit et vers l’Iran.

Tout autour, il y a plusieurs centaines de bateaux en attente. Les plus petits sont ancrés près des côtes. Les pétroliers ou les porte-conteneurs patientent plus loin en eaux profondes. En avançant, nous remarquons deux bases militaires installées sur les hauteurs. Nous voyons aussi une frégate omanaise dissimulée derrière des rochers. Un peu plus loin, un pétrolier est à l’abandon. C’est le premier à avoir été attaqué, le 1er mars, alors qu’il tentait de traverser le détroit. Le Skylight avait été touché par un projectile et deux marins avaient perdu la vie. Depuis, une vingtaine d’autres navires commerciaux ont été attaqués à leur tour.

Observation dans le détroit d’Ormuz

Nous voici dans le détroit d’Ormuz. De l’autre côté, à 35 km, c’est l’Iran. Notre guide nous explique que par temps clair, il est possible d’apercevoir les côtes iraniennes. Nous remarquons des petits bateaux. « Ils font des allers-retours avec Oman », indique notre guide. Ce sont des bateaux de contrebande. Le trafic a explosé avec la guerre. Ils ravitaillent l’Iran en cigarettes, vêtements, nourriture. Ils sont les seuls à passer sans encombre. « Voici donc le fameux détroit d’Ormuz, au centre de toutes les tensions géopolitiques aujourd’hui. Il nous paraît ce matin extrêmement calme avec à peine deux ou trois petites embarcations. En temps normal, avant la guerre, il y avait plus de cent navires qui traversaient ici chaque jour », souligne Nicolas Bertrand, envoyé spécial dans le détroit d’Ormuz.

Avec l’arrêt du trafic maritime, certains habitants semblent profiter. Les dauphins s’aventurent désormais dans le détroit d’Ormuz. Kumzar est le village le plus proche du détroit côté omanais. Les habitants sont des pêcheurs, mais aujourd’hui, aucun bateau n’est parti en mer. Les autorités leur ont ordonné de limiter les sorties. De jeunes pêcheurs décident tout de même d’y aller. Ils ont besoin de travailler pour faire vivre leur famille. Ici, tout le monde vit au rythme de cette guerre si proche. La nuit dernière, deux explosions ont eu lieu. « C’était des drones », précise un habitant. Aujourd’hui encore, aucune escorte militaire n’a été mise en place pour permettre aux navires commerciaux de traverser le détroit, comme annoncé par Donald Trump. Dans ce passage stratégique du commerce mondial, tout reste à l’arrêt.

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