Le chiffrage des œuvres concernées en France par une restitution n’est « pas encore établi », selon Bénédicte Savoy, mais l’historienne de l’art indique, lundi sur France Inter, que « deux tiers » des 69 000 pièces du musée du Quai Branly « sont arrivées pendant la période coloniale ».
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« C’est un jour historique, je suis très émue », salue lundi 13 avril sur France Inter l’historienne de l’art Bénédicte Savoy, alors qu’un projet de loi pour faciliter la restitution des œuvres d’art spoliées durant la colonisation est arrivé à l’Assemblée nationale lundi, après avoir été voté à l’unanimité, au Sénat, au mois de janvier.
Actuellement, le principe d’inaliénabilité des collections publiques oblige à passer par des lois spécifiques, au compte-goutte, pour restituer une œuvre. Cette loi-cadre permettra de faciliter les démarches.
Bénédicte Savoy, qui avait rédigé un rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain en 2018, avec l’écrivain sénégalais Felwine Sarr, se félicite de l’avancée des débats sur ce sujet : « J’ai le sentiment, après avoir écouté une partie des discussions, que le débat a monté d’un cran », depuis huit ans. « On entend des arguments très sensés, bien informés historiquement ». Elle « espère que le vote ira en faveur, une fois de plus, à l’unanimité ».
Le chiffrage des œuvres concernées en France par une restitution n’est « pas encore établi », selon l’historienne de l’art. Néanmoins, elle souligne que « deux tiers » des 69 000 pièces du musée du Quai Branly, à Paris, qui regroupe le plus d’œuvres venues du continent africain, « sont arrivées pendant la période coloniale et concernent les pays qui faisaient partie de ce qu’on appelait l’empire français ». Elle cite également l’Asie ou encore l’Amérique du Sud qui pourraient bénéficier de ces restitutions.
Bénédicte Savoy observe « à quel point le consensus est grand dans presque tous les partis » [le Rassemblement national demande pour sa part que ces retours ne soient facilités que pour les États avec qui les relations diplomatiques seraient « cordiales »] sur la nécessité de restituer et d’entendre la douleur de ceux qui ont été dépossédés.
« C’est important de le reconnaître et de décider, aujourd’hui, de ce qu’on veut faire de ces pièces dont on a hérité à cause de la colonisation. »
Bénédicte Savoy, historienne de l’art sur France Inter
L’historienne de l’art le précise : « il ne s’agit pas de tirer un trait » sur le passé colonial de la France avec cette loi, mais « de fluidifier la parole, la possibilité d’en parler et de ne pas avoir un tabou sur ces questions-là ». Ce texte contribue, selon elle « à
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