Alors que d’habitude, les États-Unis sont très stricts en matière de précaution, leurs ressortissants, présents sur le navire de croisière où plusieurs cas d’hantavirus ont été identifiés, mais asymptomatiques, n’ont pas été placés en quarantaine.
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Les États-Unis « ne sont pas à la hauteur de ce qui peut être fait » dans la crise sanitaire liée à l’hantavirus, estime lundi 11 mai sur franceinfo Anne Sénégquier, médecin et co-directrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).
Après leur évacuation des Canaries, où le navire s’est arrêté, les passagers américains doivent être conduits vers un centre spécialisé situé à Omaha, dans le Nebraska rural, au centre du pays. Les passagers, qui sont asymptomatiques, ne seront pas nécessairement placés en quarantaine, selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), principale agence sanitaire du pays. « C’est vrai que ça questionne », estime Anne Sénégquier.
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l’isolement à Paris, l’état de santé d’une femme s’est « malheureusement dégradé cette nuit » et les « tests sont revenus positifs », a affirmé la ministre de la Santé française Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France. Ils ont été placés à l’isolement. Mais tous les pays ne prennent pas les mêmes précautions sanitaires que la France.
Sortis de l’Organisation mondiale de la santé, les États-Unis « font une évaluation au cas par cas. Ils sont un peu moins stricts que la totalité des pays européens », explique Anne Sénégquier. « Malgré tout, ils ont communiqué avec l’OMS dans cette crise de l’hantavirus. Ils n’ont pas complètement rompu les relations et la coordination », souligne-t-elle. « Mais ils ont été un petit peu lents au démarrage et là c’est vrai qu’ils ne sont pas à la hauteur de ce qui peut être fait, alors que d’habitude c’est vraiment eux qui sont les plus stricts », ajoute-t-elle. Ce qui pourrait être apparenté à une forme de négligence, selon elle. « On est clairement sur une problématique de laxisme parce que les personnes asymptomatiques ne sont pas testées et la quarantaine n’est pas imposée ».
« Il faut aussi relativiser les choses. On a vu dans les différentes crises qu’il y a une vérité à un instant T et que toute évolution de la situation peut faire changer les protocoles », conclut-elle. Selon le ministère américain de la Santé, un passager du MV Hondius évacué vers les États-Unis a été diagnostiqué positif à l’hantavirus, et un second présente des « symptômes légers ».