Michou à la Coupe du monde de football 2026 : une nouvelle ère pour le journalisme ?. El título





Coup de projecteur sur Michou : le youtubeur couvre le Mondial 2026

Il sera derrière les buts, pas derrière un micro de journaliste. M6 a choisi Michou, youtubeur aux 10 millions d’abonnés, pour couvrir le Mondial 2026 aux États-Unis. Un choix qui provoque une nouvelle polémique sur la place des créateurs de contenus dans les médias traditionnels.

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Le youtubeur français Michou pose sur le tapis rouge à son arrivée à la 26e édition des NRJ Music Awards, au Palais des Festivals de Cannes, dans le sud-est de la France, le 1er novembre 2024. (VALERY HACHE / AFP)
Le youtubeur français Michou pose sur le tapis rouge à son arrivée à la 26e édition des NRJ Music Awards, au Palais des Festivals de Cannes, dans le sud-est de la France, le 1er novembre 2024. (VALERY HACHE / AFP)

Son vrai nom, c’est Miguel Mattioli, 24 ans, né à Amiens, youtubeur depuis l’âge de 13 ans. Michou s’est fait connaître avec des vidéos gaming sur Fortnite, des lives sur Twitch, des challenges en tous genres. Le foot, ce n’est pas vraiment son terrain habituel. Et pourtant, c’est lui que M6 a choisi pour faire partie de son dispositif de couverture de la Coupe du monde 2026, disputée du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Mexique et au Canada.

Son rôle est clairement délimité. Il ne sera pas là pour disserter sur le 4-3-3 des Bleus ni analyser le pressing adverse. Michou logera dans un appartement à New York, filmera derrière les buts lors de certains matchs, et partagera avec ses abonnés des lives, des vlogs et des stories. En clair : il raconte sa vie de supporter avec une accréditation premium. Ce qu’il a lui-même expliqué sur Instagram pour répondre aux critiques :
« Je ne prends la place de personne. Des reporters foot, il y en a plein de prévus. Moi je viens juste en plus, pour vous partager les coulisses de mon point de vue. »
L’argument est honnête. Il n’empêche pas la polémique.

La réaction ne s’est pas fait attendre. D’abord sur les réseaux sociaux, puis du côté des professionnels du secteur. Florent Houzot, directeur des antennes de BeIN Sports, a été particulièrement direct lors d’une conférence de presse : « On ne mélange pas les choses. Nos abonnés attendent des commentaires professionnels. »

La critique est sévère, et sans doute un peu injuste. Michou n’a jamais prétendu être journaliste sportif. Mais elle pointe quelque chose de réel : la frontière entre créateur de contenus et journaliste est de plus en plus poreuse, ce qui agace dans les rédactions.

Ce n’est pas la première fois que la question se pose. Ces dernières années, les grands événements médiatiques font de plus en plus appel aux influenceurs pour toucher un public jeune. Aux César puis aux Oscars, Canal+ et Disney+ ont confié l’animation du tapis rouge à Léna Situations, influenceuse mode et lifestyle suivie par plusieurs millions d’abonnés. Aux NRJ Music Awards, TF1 a choisi Paola Locatelli pour le même exercice, avec des résultats plus mitigés.

La logique des chaînes est pourtant limpide. Un journaliste sportif, ça se forme, ça vérifie, ça contextualise. Un influenceur, ça fédère, ça fait cliquer, ça ramène des jeunes devant un écran.

Alors oui, le Mondial accumule déjà les fautes avant même le coup d’envoi : billets à plusieurs milliers d’euros, décalage horaire qui place certains matchs en pleine nuit française, bilan carbone d’une compétition organisée sur trois pays
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