Passionné de mythologie et de lecture, Davide Ancelotti, le nouveau coach lillois, cherche à se






Davide Ancelotti : Une Nouvelle Ère au Lille OSC

Le PSG se déplace sur la pelouse de Lille, vendredi soir, où il retrouvera une tête passée par Paris : Davide Ancelotti, préparateur physique lorsque son père Carlo était entraîneur, et désormais coach des Dogues.

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Davide Ancelotti lors d'un match de pré-saison du Losc contre Hambourg, le 8 août 2026. (SIPA)
Davide Ancelotti lors d’un match de pré-saison du Losc contre Hambourg, le 8 août 2026. (SIPA)

Il est encore un visage méconnu en Ligue 1, mais pas du côté du PSG. Pour la deuxième journée du championnat, vendredi 28 août, Davide Ancelotti, nouveau coach du Losc, retrouve le club pour lequel il était préparateur physique au sein du staff de son père Carlo Ancelotti, de 2011 à 2013. Longtemps resté adjoint de ce dernier, le jeune technicien de 37 ans veut montrer sa propre personnalité, façonnée par sa passion pour les livres et la mythologie.

« Mon prénom, c’est Davide. » L’Italien est fier de son nom de famille, mais veut désormais être reconnu pour ses propres résultats. « Je suis très heureux d’être Ancelotti, j’ai eu la chance de pouvoir apprendre du meilleur, ce n’est pas quelque chose dont je veux me détacher, ce n’est pas un poids pour moi, mais il est arrivé le moment dans ma carrière d’écrire ma propre histoire », déclarait-il, dans un français presque parfait en conférence de presse, mi-juillet.

L’entraîneur avait débarqué dans le Nord quelques jours plus tôt, le plus rapidement possible après l’élimination du Brésil à la Coupe du monde, où il était encore l’adjoint de son père. C’est à ses côtés que Davide a fait toutes ses gammes : d’abord préparateur physique au PSG de 2012 à 2013 – où il rencontre Olivier Létang, alors directeur sportif du club parisien et aujourd’hui président du Losc – puis au Real Madrid (2013-2015), avant d’être promu entraîneur adjoint au Bayern Munich (2016-2017), à Naples (2018-2019), à Everton (2020-2021), au Real de nouveau (2021-2025) avec deux Ligues des champions à la clé, puis au sein de la Seleção.

En parallèle de cette expérience en sélection brésilienne, Davide Ancelotti a été l’éphémère entraîneur de Botafogo, de juillet à décembre 2025, avant de quitter le club dirigé par John Textor, en proie à des soucis financiers. Il ne se voyait pas « être l’adjoint de quelqu’un d’autre que (son) père », d’après une interview donnée à L’Équipe, et c’est d’ailleurs ce dernier qui a joué les intermédiaires pour sa nouvelle fonction lilloise. « Il m’a appelé un jour à deux heures du matin, car Olivier (Létang) lui avait demandé mon numéro. Il m’a dit qu’une équipe s’intéressait à moi. Je lui ai dit : ‘Ne dis pas qui, dis-moi seulement si je dois y aller ou pas’, et il m’a répondu : ‘Bien sûr' ».

Mais Carlo Ancelotti n’est pas le seul modèle de son fils, qui a suivi une licence de préparation physique à l’université en prenant pour exemple José Mourinho. « Pep Guardiola a été un pionnier. Impossible d’oublier Jürgen Klopp et son pressing haut, ses relances fulgurantes. Si on parle de supériorité, il faut mentionner Roberto De Zerbi et sa capacité à trouver le troisième homme, les détails qu’il a mis au point. Je suis fasciné par la phase défensive de Diego Simeone, d’Unai Emery, et bien sûr de mon père », énumère-t-il dans une interview à la BBC. « Toutes ces idées ont influencé ma propre identité de manager. Pour certains, je ressemble à mon père, mais en réalité, je suis très différent. J’ai un caractère similaire, mais je suis un manager d’un autre genre. »

Selon Benjamin André, son capitaine à Lille, Davide Ancelotti possède une « personnalité très calme » et a eu « un très bon modèle à ce niveau-là ». « Il arrive à faire passer beaucoup d’émotions dans ses discours. Il a une relation très fusionnelle avec ses joueurs. Il met en place certaines choses que j’ai rarement vues dans ma carrière », expliquait le milieu de terrain en conférence de presse avant la reprise du championnat.

Le groupe lillois s’est ainsi essayé à la construction et à la course de radeaux en stage de préparation, et pourrait se voir offrir des livres par son entraîneur. « Ma méthode repose toujours sur la relation humaine. Phil Jackson, entraîneur de basketball en NBA, est l’un de mes modèles. Il avait l’habitude d’offrir des livres à ses joueurs. Ils ne les liront peut-être jamais, mais c’est important de créer un lien avec ses joueurs », explique-t-il à la BBC. S’il a appliqué cette méthode à Botafogo, il pourrait faire de même au Losc. « Je veux faire passer des messages aux joueurs à travers des histoires parce que certaines sont très puissantes. Ça ne fait pas beaucoup de temps que je suis ici, mais une fois que je connais bien l’humain, si je pense qu’une histoire peut l’aider, je vais lui donner un livre », a-t-il confirmé en conférence de presse, jeudi.

Peut-être l’un des Dogues recevra-t-il L’Odyssée de Homère ? « Il essaye de nous parler à travers des métaphores ou des choses de la mythologie grecque dont il est passionné. Ce sont des messages assez puissants, il a une certaine ouverture d’esprit qu’il essaye de communiquer à ses joueurs », dévoilait Olivier Giroud au micro de Ligue 1+ après la victoire inaugurale du Losc à Angers (0-2). S’il devait s’identifier à un personnage mythologique, « ce serait Prométhée », a répondu, amusé, l’Italien sur Ligue 1+. « C’est lui qui a beaucoup aidé les humains après la création. Il a volé le feu aux dieux pour le donner aux humains, je crois beaucoup aux relations humaines ».

Et si les forces divines venaient à contrarier les plans du Losc, Davide Ancelotti peut toujours joindre facilement un coach au palmarès de demi-dieu du football : « Pouvoir prendre le téléphone pour avoir un conseil, sans payer, c’est quelque chose de magnifique ! ».



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