À l’étranger, les premiers témoignages des militants français de la « Flottille pour Gaza » affluent. Ils sont arrivés en Turquie après le tollé international suscité par la diffusion d’une vidéo par un ministre israélien d’extrême droite. On y voit les militants agenouillés, les mains liées après leur arrestation en mer. Ce vendredi matin, ils racontent ce qu’ils ont vécu.
Retranscription d’un Reportage
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Soulagés d’arriver en Turquie, à Istanbul, des militants propalestiniens de la « Flottille pour Gaza », keffiehs sur les épaules, viennent de passer plusieurs jours dans une prison israélienne. À leur descente d’avion, des officiels, des ambulances et les premiers témoignages. « Cinq policiers israéliens m’ont attrapé, ils m’ont tenu la tête et ont commencé à me donner des coups. L’un d’eux avait des gants en dur et m’a frappé au visage », témoigne l’un d’eux, avec un œil au beurre noir. « C’était l’expérience la plus barbare que j’aie jamais connue », assure un autre.
Au total, 430 activistes ont été expulsés d’Israël de nombreuses nationalités, dont 37 Français. Certains ne pouvant plus marcher seront conduits à l’hôpital. « On a été torturés pendant 3 jours », raconte une jeune femme très affectée, avant de lancer « Libérez la Palestine ! » Des marques sur le dos auraient été infligées à un homme par les autorités pénitentiaires israéliennes.
Contexte de la Flottille pour Gaza
Il s’agissait de la troisième flottille cette année. Cette fois, la cinquantaine de bateaux étaient partis de Turquie en vue de briser le blocus de Gaza, avant d’être arraisonnés en haute mer par l’armée israélienne. Les militants, mains en l’air et jetant leur téléphone par-dessus bord, s’attendaient, une fois arrêtés, à ne pas être ménagés. « Nos avocats reçoivent depuis des années des plaintes de mauvais traitements et de violences contre les activistes. Mais cette fois, on est monté d’un cran dans la violence. Violence physique, en plus des humiliations », note Miriam Azem, de l’organisation non gouvernementale israélienne de défense des droits humains « Adalah ».
Les images du ministre israélien chargé des prisons, Itamar Ben-Gvir, apparu au milieu des activistes, ont fait le tour du monde. Dans la journée, 36 Français de la flottille devraient regagner l’Hexagone, sauf un, toujours en observation dans un hôpital d’Istanbul.