Considérée comme l’une des femmes les plus puissantes du monde, Ursula von der Leyen influence directement la vie des Européens par ses décisions. Sa personnalité et son parcours restent pourtant méconnus. Qui est vraiment Ursula von der Leyen ? Retour sur le parcours et les zones d’ombre d’une figure aussi influente que controversée de la politique européenne.
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Une dynastie politique
Les dynasties constituent un grand classique de la vie politique des familles qui ont la politique dans leurs gènes. Ursula von der Leyen en est un exemple : le virus de la politique s’est transmis au sein de sa famille. C’est à Bruxelles que naît Ursula Gertrud Albrecht, le 8 octobre 1958, dix mois seulement après la création officielle de la CEE, l’ancêtre de l’Union européenne. La petite Ursula partage, d’ailleurs, son père avec cette Europe encore naissante.
« Je suis européenne de tout mon cœur »
Son père, Ernst Albrecht, est fonctionnaire et figure parmi les artisans du traité de Rome, qui a jeté les bases de l’Europe connue aujourd’hui. Durant ses 13 premières années, « Röschen », la petite Rose comme la surnomme sa famille, grandit dans la capitale européenne. Elle s’en souvient au micro de Politico, à Bruxelles, 50 ans plus tard : « Quand j’étais petite, je venais souvent au musée africain. Et j’ai vérifié : les animaux empaillés sont les mêmes qu’il y a presque 50 ans« .
En famille, elle parle allemand. À l’école, elle vit au rythme du français et de l’anglais, langues qu’elle apprend à maîtriser dans un établissement polyglotte bruxellois où se retrouvent les enfants d’eurocrates. Elle ne découvre son pays, l’Allemagne, réellement qu’à l’adolescence, lorsque son père décide de quitter la fonction publique pour entrer en politique.
Un parcours fulgurant
Sa reconversion est une réussite fulgurante : engagé dans les rangs de la CDU, les conservateurs allemands, Ernst Albrecht devient ministre-président de Basse-Saxe, un poste de premier plan dans la vie politique allemande. Rapidement, il met aussi en avant sa famille, et donc sa fille « Röschen ». Un peu à l’image des Kennedy aux États-Unis ou des Giscard en France, les Albrecht s’affichent en une des magazines et dans les émissions de télévision populaire.
Ursula von der Leyen apparaît alors pour la première fois à la télévision : elle chante un canon avec sa mère et ses frères. Un disque est même commercialisé, où la famille interprète un chant populaire en chœur célébrant la beauté du monde de Dieu. Sur la pochette du 45 tours, Ursula von der Leyen apparaît en pantalon pattes d’éléphant, très « seventies ». Plus de 45 ans plus tard, certains exemplaires circulent encore dans des vide-greniers ou sur des sites spécialisés.
Une jeunesse tumultueuse
Le climat politique allemand de la fin des années 1970 vient bousculer la famille Albrecht. Attentats, enlèvements et assassinats : la Fraction armée rouge terrorise alors l’élite allemande. Ernst Albrecht s’inquiète pour sa fille et redoute qu’elle puisse être kidnappée à son tour. Pour la protéger, Ursula von der Leyen, âgée d’une vingtaine d’années, doit s’exiler à l’étranger, dans ce qui ressemble à un Erasmus avant l’heure. Direction Londres, donc, pour “Rose Ladson”, une fausse identité inspirée de son surnom et du nom d’une grand-mère américaine, afin de passer incognito.
Officiellement, Ursula von der Leyen poursuit ses études à la London School of Economics, la LSE où elle reviendra d’ailleurs en 2020 pour y donner une conférence : « J’ai appris beaucoup à l’école et hors de l’école. Ceux qui m’ont côtoyé à l’époque vous diront sans doute que je passais plus de temps dans les bars de Soho et chez les disquaires de Camden qu’à la bibliothèque. Pour m’éviter de rougir, je vous épargne les détails« .
Comme beaucoup de jeunes de l’époque, elle se prend de passion pour le punk, assurent ceux qui l’ont côtoyée. Une parenthèse d’un an seulement, avant de tourner la page. Elle ne deviendra donc pas anarchiste : No future chantaient les Sex Pistols. Ursula von der Leyen, elle, a un avenir et il va s’écrire en Allemagne puis en Europe.