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Condamnation de Joël Guerriau

L’ancien élu, Joël Guerriau, âgé de 68 ans, a été reconnu coupable d’avoir agi dans le but d’agresser sexuellement la députée Sandrine Josso. Il risque jusqu’à cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende. Son avocat a annoncé qu’il ferait appel de cette décision.

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Joël Guerriau devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, le 27 janvier 2026. (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCE TELEVISIONS)
Joël Guerriau devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, le 27 janvier 2026.
(ELISABETH DE POURQUERY / FRANCE TELEVISIONS)

La justice n’a pas été convaincue par la version de Joël Guerriau, qui a été condamné, ce mardi 27 janvier, à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme avec mandat de dépôt à effet différé. Il a été reconnu coupable d’avoir drogué la députée Sandrine Josso, dans l’intention d’agresser sexuellement ou de violer, en novembre 2023 à Paris. En plus de la prison, l’ancien élu a été condamné à une obligation de soins, une peine d’inéligibilité de cinq ans, et à une interdiction de contact avec la victime. Il devra également indemniser Sandrine Josso à hauteur de 9.000 euros, dont 5.000 euros pour préjudice moral. Le tribunal l’a par ailleurs reconnu coupable de détention de stupéfiants.

Le mandat de dépôt a été prononcé sans exécution provisoire, et sera suspendu par l’appel annoncé par l’avocat de l’ancien sénateur.

Plus tôt dans la journée, le procureur de la République, Benjamin Coulon, avait requis quatre ans de prison, dont un avec sursis, arguant qu’il y avait « des éléments de preuve extrêmement solides ».

Au cours du procès, Joël Guerriau a tenté de convaincre le tribunal qu’il avait, ce soir-là à son domicile, servi du champagne à son amie politique « inadvertance », dans un verre contenant déjà de la MDMA. Ses avocats ont souligné l’absence de gestes ou de propos sexuellement explicites, plaidant l’absence d’intention criminelle. « Ce n’est pas un acte de séduction, la soumission chimique, c’est un acte d’agression », a rétorqué l’avocat de Sandrine Josso, Arnaud Godefroy.

Les incohérences dans le récit de l’ancien sénateur ont été mises en avant par le tribunal. D’où venait la MDMA utilisée pour droguer Sandrine Josso ? Guerriau a répondu qu’elle lui avait été donnée par un autre sénateur, refusant toutefois de révéler le nom de cette personne. Il a affirmé qu’il ignorait la nature de la substance et que l’idée qu’il s’agisse d’une drogue lui avait « traversé l’esprit ». Pour lui, la drogue se serait retrouvée dans le verre de sa convidée après avoir été versée pour sa propre consommation la veille.

Des recherches effectuées par Guerriau sur Internet concernant l’ecstasy (un dérivé de la MDMA) et le GHB un mois avant les événements ont également été évoquées. Il a prétendu ne pas se souvenir de ces recherches, parlant de la nécessité professionnelle de se tenir informé.

Le procureur et la partie civile ont déploré des déclarations « indélicates » de Joël Guerriau envers Sandrine Josso durant l’audience. Il a fait référence au combat législatif de la députée contre la soumission chimique, et a suggéré que ce dernier aurait pu être un choix « calculé » de sa part pour faire avancer sa carrière politique.

L’ex-sénateur Horizons a cependant présenté ses excuses à Sandrine Josso, affirmant qu’il avait reconnu sa faute et se décrivant comme un « apprenti sorcier » pour avoir conservé de la MDMA sans en connaître les effets.

« Sandrine est une amie, même si pour elle je n’en suis plus un. »

Joël Guerriau, ex-sénateur, lors de son procès

Il a insisté sur le fait qu’il n’avait aucune mauvaise intention à son égard. Sandrine Josso a quant à elle exprimé son scepticisme face à la défense de Guerriau, détaillant les impacts psychologiques et physiques qu’elle a subis depuis l’incident. Après l’audience, elle a exprimé un « immense soulagement » pour elle et pour « la cause » qu’elle défend.



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