La vente exceptionnelle d’une paire de Tabi, chaussure emblématique de Martin Margiela, a atteint des sommets inattendus, atteignant la somme de 280 000 euros lors d’une enchère récente. Cet événement marque une des ventes les plus significatives du créateur belge, connu pour son approche avant-gardiste et innovante de la mode.

Jusqu’à aujourd’hui, aucune création du couturier belge, retiré depuis 2008, n’avait atteint un tel sommet aux enchères. « Ce serait bête d’avoir des regrets pour 20 000 euros, c’est rien du tout ! » s’exclamait Salomé Pirson, la commissaire-priseur, après cinq longues minutes de bataille. Ce lot, recouvert de graffiti, a finalement été adjugé pour la somme record de 280 000 euros, frais compris, soit 364 000 euros. Les applaudissements nourris de la salle témoignent de l’intérêt suscité par cet événement. Des collectionneurs et des curieux étaient présents pour assister à ce moment historique.
Estimé initialement entre 30 000 et 50 000 euros, cette paire de 1991 dépasse largement les attentes des maisons de vente, Maurice Auction et Kerry Taylor, devenant ainsi la création de Martin Margiela la plus chère jamais vendue aux enchères.
Imaginée par Martin Margiela en 1988 pour son premier défilé, cette chaussure fendue à talon, inspirée de la tabi japonaise, est devenue la signature la plus emblématique du créateur. « C’est probablement la chaussure la plus iconique au monde », affirmait Salomé Pirson pour faire monter les enchères. La paire, qui a frôlé les 300 000 euros, n’est pas une Tabi comme les autres. Exposée au Palais Galliera en 2018, elle avait été laissée aux mains des visiteurs, qui l’ont progressivement couverte de traits et d’inscriptions.

La folie des ventes Margiela
Le créateur belge, qui a marqué les années 1990, connaît actuellement un regain d’intérêt. En janvier 2025, la collection « Martin Margiela: The Early Years, 1988-94 », constituée par Angela et Elena Picozzi, filles de l’industrielle italienne Graziella Picozzi, proche de Martin Margiela à ses débuts, avait déjà affolé les compteurs. Le fameux « pull en chaussettes militaires » issu de la collection automne-hiver 1991-1992 s’était vendu 52 000 euros, tandis qu’un costume en laine noire et blanche à pois de la collection printemps-été 1990 avait atteint un record de 101 400 euros.
La vente qui a eu lieu le jeudi 9 juillet au Quartier Général, dans le 11e arrondissement de Paris, avait commencé timidement avec des lots réunissant photographies, dessins et dossiers de presse. Il a fallu attendre une demi-heure pour que la salle s’anime véritablement, lors de la mise en vente de la blouse blanche d’atelier du créateur portant, au col, l’inscription « Martin » écrite au stylo noir. Adjugée pour 32 000 euros (pour une estimation de 6 000 à 10 000 euros), elle aurait été portée par le créateur belge entre 1988, l’année de création de sa maison, et son départ en 2008.