L’Italie suffoque : la péninsule est en alerte rouge, avec plus de 40 degrés par endroits. Les conséquences sont dévastatrices pour les fleuves, notamment le célèbre fleuve Po, au sud de Venise, qui s’assèche de manière alarmante. Cette situation n’est pas sans impact sur l’un des plats les plus renommés de la cuisine italienne.
Conséquences de la canicule sur la pêche
Depuis plusieurs semaines, les pêcheurs du delta du Po, en Italie, constatent une triste réalité : au bout de leurs cordes, des dizaines de kilos de moules mortes. « Comme vous pouvez le voir, elles sont toutes ouvertes à présent, et le fruit a disparu. Tout est comme ça », déplore Davide Vendemmiati, pêcheur de moules de Scardovari AOP.
Au cours des récentes vagues de chaleur, les eaux du fleuve ont atteint 32 degrés en quelques heures seulement. La semaine dernière, Davide et ses collègues ont perdu 100 tonnes de moules AOP. La récolte est terminée, une première pour le pêcheur : « En général, il y a d’autres années où la chaleur s’installait, mais pas aussi rapidement. D’habitude, ça arrivait plutôt vers la fin juillet », constate Davide. Des pertes financières ont été significatives, certains pêcheurs ayant perdu jusqu’à 250.000 euros.
Impact sur les vongole et l’écosystème local
Les températures records pour la saison ont presque fait disparaître un symbole des eaux du Po : les vongole. Au cours des dernières semaines, à Goro, d’où provient la moitié de la production nationale, les palourdes ont été littéralement étouffées par les algues qui prolifèrent avec la chaleur. « D’habitude, ici, nous avons du sable blanc qui constitue un milieu fertile pour les palourdes. Quand il devient aussi sombre, c’est justement parce qu’il perd de l’oxygène à cause des algues. Alors, pour oxygéner les quelques palourdes qu’il nous reste, on essaie de bouger tout ça à la main », indique Alex Mantovani de la Coopérative Sol Levante.
À Goro, 90 % de la production a disparu ces dernières semaines. Le réchauffement climatique a déjà coûté cher à la communauté des pêcheurs. « On a déjà déboursé 30 millions d’euros au cours des 20 dernières années pour maintenir cet écosystème. Nous n’en pouvons plus ! Malheureusement, 400 travailleurs indépendants ont déjà dû mettre fin à leur activité », souligne Vadis Paesanti, vice-Président de la confédération des coopératives d’agroalimentaires et pêches en région Émilie-Romagne.
La sécheresse et ses conséquences sur l’agriculture
À cette chaleur s’ajoute bien sûr la sécheresse, qui frappe le plus grand fleuve d’Italie et menace des milliers d’hectares de cultures dans cette plaine du Po, considérée comme l’une des plus productives de la péninsule.