Combien de temps faudra-t-il avant de retrouver le visage des forêts brûlées ? Des scientifiques se penchent sur le futur.
Expériences en cours dans le massif des Maures
Dans le massif des Maures, une forêt méditerranéenne bien verte est aujourd’hui épargnée par les feux. Pourtant, en 2021, des incendies historiques avaient ravagé la zone. Plus de 7.000 hectares partis en fumée, le massif avait aussi déjà brûlé en 2003. Un forestier montre que la nature a repris ses droits sans intervention de l’homme, car de nombreuses essences méditerranéennes savent se défendre seules, comme l’arbousier. « Cet arbre-là, il a des racines qui sont très profondes, il va chercher l’eau là où il y en a et c’est une racine qui stocke énormément de réserves d’énergie pour le jour où il y a un feu, pour qu’il puisse se régénérer, puiser dans ses stocks d’énergie et renaître de ses cendres », a expliqué Bruno Teissier du Cros, de l’ONF.
Espèces adaptées au feu
Autre espèce adaptée au feu, le chêne-liège. En cas d’incendie, ce liège protège le cœur de l’arbre et même si les feuilles brûlent, l’arbre peut ensuite se développer à nouveau. Le pin d’Alep développe une autre stratégie. Sous l’effet de fortes chaleurs, comme lors d’un incendie, ses cônes éclatent et disséminent des graines. C’est le cas sur une zone qui a brûlé il y a plus de 20 ans. « En se disséminant, c’était en 2003, on peut constater que vous avez des jeunes qui ont repris grâce à ces graines. Et ça, c’est la progéniture du pin. Un pin qui n’a pas brûlé, c’est un pin qui a raté sa vie », a poursuivi Bruno Teissier du Cros.
Recherche sur la résistance aux sécheresses
Laisser faire la nature fonctionne, mais cela prend du temps. Alors, dans le massif du Castillon, une expérimentation vise à trouver les arbres qui, demain, résisteront aux sécheresses extrêmes. « On a introduit différents types de feuillus pour avoir une forêt plus riche, plus diverse et aussi tester des essences qui soient plus adaptées au climat chaud et sec de l’avenir », a indiqué Bernard Prévosto, chercheur à l’INRAE.
La variabilité des réponses des espèces
Toutes les essences ne s’en sortent pas de la même manière. « On a un bel exemple de réussite avec ce frêne à fleurs, qui a bien survécu et qui présente une croissance importante pour des conditions très difficiles en milieu méditerranéen. Et là, on a ce qu’on appelle le caroubier. On a eu un dégât de gel et l’arbre n’a fait qu’un tout petit rejet là. On peut prendre des espèces du Sud, mais attention, on a quand même des gelées qui peuvent être importantes, intenses. »
Vers des solutions adaptées
Il n’y a donc pas de solution unique pour faire face aux incendies. Chaque territoire nécessite une réponse qui lui est propre.